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Poisson, fruits de mer et santé

Communication de renseignements équilibrés
pour faire des choix éclairés
–Ressources à l'intention des éducateurs et des communicateurs

L'accès à l'information sur les questions relatives à la nutrition est essentiel pour se tenir informé et faire les choix pertinents.

Dans le cas du poisson et des fruits de mer, les consommateurs ont besoin de renseignements équilibrés qui leur permettront de faire des choix qui optimisent les bienfaits nutritionnels et réduisent au minimum les risques liés à la salubrité des aliments.

Pourtant, une bonne partie de l'information que les consommateurs entendent sur les avantages et les risques de consommer du poisson et des fruits de mer pour la santé est fragmentée.

La présente section résume les messages clés et aide l'éducateur ou le communicateur à interpréter les nouveaux renseignements - ce qui facilite la communication d'un message équilibré sur le poisson, les fruits de mer et la santé. 



La quête d'un équilibre entre les avantages et les risques de la consommation de poisson et de fruits de mer

Dans la quête d'un équilibre entre les avantages et les risques liés à la consommation de poissons et de fruits de mer, les messages essentiels sont les suivants :

  • Canada's Food GuideLe Guide alimentaire canadien recommande de consommer au moins deux portions (150 grammes) de poisson chaque semaine.
  • Le poisson est un choix alimentaire sain et nutritif. Il contient un bon type de gras et de nombreux autres éléments nutritifs importants. Il contribue au maintien de la santé cardiovasculaire et à la croissance et au développement normaux. Les poissons contiennent du DHA, un acide gras oméga-3 qui favorise le développement normal du cerveau, des yeux et des nerfs.
  • Tout risque potentiel pour la santé posé par des contaminants comme le mercure dans le poisson est réduit au minimum par la consommation de diverses espèces. De plus, les consommateurs avertis suivent les conseils de consommation donnés par Santé Canada (et par les autorités régionales, dans le cas du poisson de sport) et les bénéfices pour la santé l'emportent nettement sur les risques potentiels.
  • Les risques associés à la maladie d'origine alimentaire peuvent être évités par une sélection, une manipulation, un entreposage et une préparation appropriés du poisson et des fruits de mer.

Un comité d'experts réuni par l'Institut de médecine indépendant de l'Académie nationale des sciences des États-Unis a récemment interprété des données probantes sur les bienfaits et les risques associés à la consommation de poisson et de fruits de mer et s'est penché sur leur équilibre. Le rapport, publié en octobre 2006 (p. ex. pages 8, 15, 207-208) :

  • encourage les adultes, notamment les femmes enceintes et les femmes en âge de procréer, ainsi que les jeunes enfants, à consommer du poisson et des fruits de mer dans le cadre d'un régime alimentaire équilibré et à suivre les directives officielles (avis) en matière de consommation;
  • indique que la plupart des gens peuvent tirer des bienfaits nutritionnels de la consommation de poisson et de fruits de mer tout en réduisant au minimum leur risque d'exposition aux contaminants en sélectionnant des quantités de poisson, de mollusques et de crustacés conformes aux directives diététiques actuelles;
  • conclut que les consommateurs qui mangent au moins deux portions par semaine de divers poissons en tirent des bienfaits considérables pour la santé sans les risques occasionnés par les niveaux de traces de mercure et d'autres contaminants du poisson et des fruits de mer.

Pour obtenir de plus amples renseignements

Sur ce site Web

Autres ressources

  • NEISHEIM MC, AL Yaktine (éditeurs). Seafood Choices: Balancing Benefits and Risks. Committee on Nutrient Relationships in Seafood Selections to Balance Benefits and Risks, Institute of Medicine, Food and Nutrition Board. Washington DC: National Academies Press, 2007.
    www.nap.edu/catalog/11762.html


Sources d'information nutritionnelle

LabradorAujourd’hui, les consommateurs ont un vaste choix de sources d’information alimentaire et nutritionnelle. Le Conseil canadien des aliments et de la nutrition (1) indique que les sources d’information nutritionnelle préférées des Canadiens sont les étiquettes de produits alimentaires (77 %), les médias imprimés (76 %), les amis, les parents et les collègues (66 %) et les médias électroniques (65 %). Une proportion considérable de Canadiens utilisent d’autres sources : 46 % consultent Internet et 41 % les documents gouvernementaux. Peu de gens reçoivent de l’information directement d’un diététiste (23 %) et un peu plus de la moitié des Canadiens reçoivent de l’information d’un médecin de famille ou d’un autre professionnel de la santé (51 %).

Cependant, les sources principales d'information sur la nutrition - sauf les étiquettes de produits - ne sont pas largement considérées comme crédibles. Même si les professionnels de la santé sont consultés moins souvent comme sources d'information, on leur accorde pourtant une grande crédibilité.

Référence

1. Conseil canadien des aliments et de la nutrition. Nutrition : évolution et tendances VI, CCAN, août 2006
www.ccfn.ca/pdfs/TNT_VI_Report__2006.pdf (en anglais seulement)



Défis de communication

L'un des défis à relever pour aider les consommateurs à faire des choix éclairés réside dans la façon de communiquer les bienfaits et les risques pour la santé à la fois au grand public et à des populations ciblées. L'information fragmentaire que les consommateurs reçoivent au sujet de la valeur nutritionnelle et des risques pour la santé associés à la consommation de poisson et de fruits de mer peut entraîner de fausses perceptions ou porter à confusion. Des manchettes hebdomadaires mettent en évidence des résultats de recherche et des messages d'organismes de santé faisant la promotion des bienfaits du poisson et des fruits de mer pour la santé, mais d'autres ciblent les risques des contaminants chimiques, des agents pathogènes d'origine alimentaire ou du poisson et des fruits de mer importés, ce qui engendre des craintes et crée des doutes. Assez souvent, les consommateurs entendent les conseils du gouvernement visant à atténuer les risques liés aux contaminants.

red sea urchinL'étude de l'Institut de médecine sur les bienfaits et les risques de la consommation de poisson et de fruits de mer (1) a conclu ce qui suit :

« Les avis aux consommateurs diffusés par le gouvernement fédéral et des organismes privés sur les choix en matière de poisson et de fruits de mer pour promouvoir la santé humaine sont fragmentés. On aborde les bienfaits en faisant abstraction des risques; les tailles des portions diffèrent d'un avis à l'autre. Certains bienfaits et certains risques sont abordés séparément pour différents systèmes physiologiques et groupes d'âge. Conséquemment, de multiples conseils, souvent conflictuels, sont donnés simultanément sur le poisson et les fruits de mer. » [traduction]

Les études sur l'efficacité de la communication et du traitement de l'information ont montré que les messages défavorables ou une presse négative sur les questions liées à la santé et à l'alimentation peuvent grandement influencer les décisions des consommateurs. À cet égard, on a indiqué que les nouvelles défavorables influencent cinq à sept fois plus les décisions des consommateurs que les nouvelles favorables. (2) Les bienfaits pour la santé générale de la consommation de poisson et les mises en garde contre les contaminants chimiques trouvés dans le poisson et les fruits de mer, doivent être équilibrés pour faciliter la compréhension des consommateurs dans un contexte qu'ils peuvent mettre à profit pour guider leurs choix de consommation d'aliments.

chowderLes États-Unis ont un avis de consommation en vigueur similaire à celui du Canada. (3) Les recherches dans ce pays donnent à penser qu'il se peut que les gens fassent une mauvaise interprétation des avis du gouvernement sur la consommation de poisson et de fruits de mer. Les préoccupations à propos des niveaux de mercure dans le poisson et les fruits de mer peuvent influer sur les tendances de consommation de ces aliments. Plusieurs études (4,5,6) donnent à penser que les avis destinés aux groupes vulnérables pour qu'ils évitent les risques peuvent entraîner une réduction globale de la consommation de poisson et de fruits de mer. Ces conseils ont été suivis inutilement par d'autres personnes ou par le grand public :

  • Un comité d'experts réuni par le Harvard Center for Risk Analysis a étudié les répercussions globales sur la santé de changements hypothétiques dans la consommation de poisson, d'après l'effet de la consommation d'aliments nutritifs et de l'exposition aux contaminants. Le comité a découvert que, bien que l'adhésion aux recommandations puisse entraîner des bienfaits positifs pour la santé, des réductions non intentionnelles de la consommation chez les femmes en âge d'avoir des enfants peuvent se solder par une réduction des bienfaits pour les enfants. De plus, dans un scénario de consommation dans lequel tous les segments de la population adulte ont réduit par erreur leur consommation de poisson de 17 %, leur analyse a permis de constater que l'effet global net sur la santé serait négatif. (4,5)
  • Un sondage d'opinion effectué aux États-Unis laisse supposer une confusion du public à l'égard des niveaux de mercure dans le poisson et une ignorance des espèces de poisson qui ont une teneur faible ou élevée en mercure. (6) Bien que 60 % des gens se souviennent d'avoir entendu de l'information sur les bienfaits de la consommation de poisson pour la santé, quatre Américains sur dix (43 %) ont affirmé qu'ils se souvenaient d'avoir entendu des nouvelles négatives, particulièrement sur la présence de mercure et d'autres contaminants (35 %). Presque un tiers des personnes interrogées se sont dites préoccupées par la teneur en mercure dans le poisson, et de nombreuses personnes ont déclaré avoir changé les types ou les quantités de poisson et de fruits de mer qu'elles consomment. Près d'un tiers des gens interrogés (30 %) ont cru que les renseignements et avis s'appliquaient à tous les Américains. Les consommateurs américains ont aussi cru par erreur que de nombreux types de poisson, de mollusques et de crustacés consommés couramment avaient une teneur élevée en mercure. Environ un tiers (32 %) des personnes interrogées ont affirmé, de façon erronée, que des espèces particulières dont la teneur en mercure était faible contenaient en réalité des niveaux de mercure plus élevés.

Références

  1. NESHEIM MC, AL Yaktine (éditeurs). Seafood Choices: Balancing Benefits and Risks. Committee on Nutrient Relationships in Seafood Selections to Balance Benefits and Risks, Institute of Medicine, Food and Nutrition Board. Washington DC: National Academies Press, 2007, p. 11, 239
    www.nap.edu/catalog/11762.html
  2. VERBEKE W, I Sioen , Z Pieniak et coll. Consumer perception versus scientific evidence about health benefits and safety risks from fish consumption. Public Health Nutrition 2005;8(4) : 422-429. Résumé et renseignements sur les commandes :
    www.journals.cambridge.org/download.php?...
  3. U.S. DHHS et EPA (2004). "What You Need to Know About Mercury in Fish and Shellfish: 2004 EPA and FDA Advice For: Women Who Might Become Pregnant, Women Who are Pregnant, Nursing Mothers, Young Children."
    www.cfsan.fda.gov/~dms/admehg3.html
  4. COHEN JT, DC Bellinger, WE Connor et coll. A quantitative risk-benefit analysis of changes in population fish consumption. Am J Prev Med 2005c;29(4):325-334.
    http://download.journals.elsevierhealth.com/pdfs/journals/0749-3797/PIIS0749379705002539.pdf [gratuit en ligne]
  5. COHEN JT. Matters of the heart and mind: risk-risk tradeoffs in eating fish containing methylmercury. Risk in Perspective (a newsletter of the Harvard Center for Risk Analysis) 2006;14(1):1-6.
    www.hcra.harvard.edu./rip/risk_in_persp_January2006.pdf
  6. STOREY ML, RA Forshee (2005). "Go Fish: An Analysis of Consumers' Understanding of the Health Risks of Consuming and Not Consuming Fish and Shellfish." Hein GL (ed). Center for Food, Nutrition and Agriculture Policy, University of Maryland.
    - Formulaire de commande : http://agresearch.umd.edu/CFNAP/files/Go_Fish_Order_Form.pdf
    - Résumé : "Attitudes and Beliefs About Eating Fish: A National Opinion Survey Conducted for The Center for Food, Nutrition and Agriculture Policy (University of Maryland): An Executive Summary"
    http://agresearch.umd.edu/CFNAP/realmercuryfacts/survey_findings/index.htm


Communication de la science nouvelle des constituants alimentaires pour la santé
–Quelques directives

Les directives élaborées conjointement par l'International Food Information Council (IFIC) et l'Institute of Food Technologists des États-Unis, proposent sept principes clés qui peuvent aider les communicateurs du domaine de la nutrition à traduire des résultats de recherche en messages compréhensibles et recevables par les consommateurs. Le guide de consultation rapide - qui résume toutes les directives - présente une liste de contrôle de questions.

*Le format PDF, utiliser Adobe Acrobat Reader

Liste de contrôle de la communication (*PDF)

Est-ce que vos messages…

  • permettent au public de mieux comprendre les aliments, leurs constituants et/ou les suppléments alimentaires ainsi que leur rôle dans un mode de vie sain?
    Allez droit au but lorsque vous parlez d'alimentation et de santé.
    Rappelez aux consommateurs que les constituants alimentaires ne sont pas des « solutions miracles » qui fonctionnent tout seuls, mais qu'ils peuvent contribuer à une bonne santé quand ils font partie d'un régime alimentaire et d'un mode de vie sains.
  • expliquent clairement les différences entre la science nouvelle et la science consensuelle?
    La recherche scientifique est évolutive, pas révolutionnaire.
    Dites aux consommateurs où les nouveaux résultats de recherche figurent sur le continuum de la recherche et dans les données probantes globales.
  • sont précis et équilibrés?
    Préparez soigneusement vos messages.
    Conseillez un sain scepticisme envers des manchettes potentiellement trompeuses, comme « miracle médical » ou « percée scientifique ». Suggérez d'aller au-delà du sensationnalisme pour connaître toute l'histoire. Expliquez que les faits sont des faits, mais que les experts peuvent avoir des opinions divergentes quant à leur interprétation. Présentez un tableau complet des résultats d'une étude au lieu de les sélectionner.
  • placent les nouvelles découvertes dans le contexte requis pour qu'une personne prenne des décisions en ce qui concerne les régimes alimentaires?
    Faites en sorte que vos messages soient efficaces.
    Expliquez concrètement les dernières recherches par une description des aliments qui se retrouvent dans l'assiette du consommateur. Précisez à qui les nouvelles données de recherche s'appliquent et quelles répercussions, le cas échéant, ces dernières peuvent avoir sur les habitudes de consommation.
  • révèlent tous les détails importants à propos d'une étude particulière?
    Citez les détails de l'étude.
    Décrivez la méthodologie de la recherche (comme les caractéristiques des participants et la quantité de nourriture consommée) pour aider le public à comprendre les résultats et leur validité.
  • prennent en considération l'examen par les pairs?
    Mentionnez que le processus d'examen par les pairs est un élément clé de la crédibilité d'une étude, bien que ce ne soit pas le seul. Le fait qu'une étude soit passée par le processus d'examen par les pairs n'est pas en soi une garantie de résultats concluants - il s'agit d'une pièce d'un casse-tête formé par les données probantes globales.
  • valuent l'objectivité de la recherche?
    Lorsque vous évaluez l'objectivité d'une étude, tenez compte de tous les faits - notamment la divulgation des sources de financement, le processus d'examen par les pairs, la méthodologie et les conclusions.

Adapté de : Guidelines for Communicating the Emerging Science of Dietary Components for Health - Quick Reference Checklist for Communicators, IFIC and IFT, 2005


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