Agroalimentaire
Rapport sur le passé, le présent et l'avenir
Cuba

Mars 2012

Le gouvernement du Canada a préparé le présent rapport en se fondant sur des sources d'information primaires et secondaires. Les lecteurs sont priés de noter que le gouvernement du Canada ne garantit pas l'exactitude de l'information contenue dans ce document et n'appuie pas nécessairement les organismes qui y sont mentionnés. Il appartient donc aux lecteurs de vérifier l'exactitude et la fiabilité des renseignements. Le présent rapport donne une vue d'ensemble succincte du marché à ceux qui désirent connaître les débouchés dont ils peuvent tirer parti, mais il ne vise pas à fournir l'analyse approfondie dont un exportateur pourrait avoir besoin. Bien que tous les efforts nécessaires aient été déployés pour assurer l'exactitude de l'information, Agriculture et Agroalimentaire Canada n'assume aucune responsabilité concernant l'exactitude et la fiabilité de l'information ou les conséquences des décisions prises sur la base de ces renseignements.

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Sommaire

  • Le Canada, qui constitue un vaste marché pour les exportations cubaines ainsi qu'une des plus importantes sources de revenu touristique, est un important partenaire de Cuba.
  • Le tourisme constitue la pierre angulaire de l'économie cubaine et offre des occasions d'approvisionner les hôtels et les restaurants en produits agroalimentaires.
  • Cuba importe environ 80 % des produits alimentaires dont elle a besoin pour répondre à la demande intérieure de ses 11,2 millions d'habitants et de son industrie du tourisme.
  • Les échanges bilatéraux entre le Canada et Cuba ont atteint 1 milliard de dollars au total en 2010.
  • En 2010, le total des exportations canadiennes à Cuba a atteint 390 millions de dollars, et celle de produits agroalimentaires totalisait 105 millions de dollars.
  • Parmi les principales marchandises canadiennes exportées à Cuba figurent le blé et le méteil, les pois secs et décortiqués, les morceaux congelés de viande bovine, les pommes de terre de semence et le lait en poudre.

Aperçu

La République de Cuba est un pays des Caraïbes qui compte approximativement 11,2 millions d'habitants, dont 75 % vivent en milieu urbain. L'économie cubaine de 71 milliards de dollars US fonctionne dans le cadre d'un système de gouvernement très centralisé. Malgré certains défis potentiels auxquels doivent faire face les exportateurs dans ce marché, le Canada demeure un partenaire commercial très important pour Cuba; le Canada est une source dominante de revenus touristiques et le troisième plus grand partenaire commercial du pays.


Relations entre le Canada et Cuba

Le Canada est l'un des deux seuls pays de l'hémisphère occidental à avoir conservé de bonnes relations avec Cuba après la révolution cubaine de 1959. Étant donné que les politiques et idéologies cubaines jouent souvent un rôle important dans les politiques du pays en matière de commerce extérieur, cette position a créé des débouchés d'échanges bilatéraux pour le Canada.

Bénéficiant d'une relation commerciale bien établie et stable, le Canada, qui constitue à la fois un vaste marché pour les exportations cubaines et une des plus importantes sources de revenus touristiques (pierre angulaire de l'économie cubaine), est un important partenaire de Cuba. Le Canada procure à Cuba un nombre important d'arrivées touristiques chaque année, étant donné que cette île est la cinquième destination étrangère la plus populaire des Canadiens. L'impact des dollars dépensés par les Canadiens dans des hôtels tout inclus à Cuba ne peut pas être surestimé. Le Canada est aussi l'un des marchés d'exportation principaux de Cuba et il a importé en 2010 pour 652,6 millions de dollars, soit 19,5 % des exportations cubaines.

Les deux pays font partie de diverses organisations communes, ce qui renforce leurs relations commerciales. L'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), le Fonds international de développement agricole (FIDA), la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), l'Organisation mondiale des douanes (OMD), la Fédération syndicale mondiale (FSM), l'Organisation mondiale du tourisme (OMT) et l'Organisation mondiale du commerce (OMC) sont au nombre de ces organisations.

Commerce bilatéral entre le Canada et Cuba (2010)
Commerce total de Cuba 12,7 milliards $ US
Exportations 3,1 milliards $ US
Importations 9,6 milliards $ US
Balance commerciale (6,5 milliards $ US)
Commerce Canada –Cuba 1 milliard $
Exportations 390,3 millions $
Importations 652,6 millions $
Balance commerciale (262,3 millions $)
Échanges agricoles Canada – Cuba 114,6 millions $
Exportations 105,6 millions $
Importations 8,9 millions $
Balance commerciale 96,7 millions $
  • Les échanges bilatéraux entre le Canada et Cuba ont atteint 1 milliard de dollars au total en 2010.
  • Cuba est le 40e marché d'exportation en importance du Canada, tandis que le Canada est la 49e source d'importations en importance de Cuba.
  • Les exportations de produits sur les marchés cubains ont connu une chute notable de 60 % en 2009; cependant, elles ont repris de la vigueur en 2010, observant une croissance de 22,8 %.
  • Parmi les principales marchandises canadiennes exportées à Cuba en 2010 figurent les suivantes : machines (24,3 %), céréales (13,7 %), produits chimiques inorganiques et métaux de terres rares (8,4 %), légumes (7 %) et de la machinerie électrique (5,1 %).
  • Les principales exportations cubaines au Canada sont les suivantes : cuivre, boissons, tabac, poisson et aluminium.

Commerce agricole

Le secteur agricole cubain, qui repose notamment sur des produits comme la canne à sucre, le tabac, les agrumes et les fruits tropicaux, a longtemps constitué un élément vital de l'économie du pays. Toutefois, le secteur de l'agriculture de Cuba se heurte à plusieurs problèmes, dont l'absence des technologies et des investissements nécessaires pour moderniser considérablement sa production. Conséquemment, Cuba importe environ 80 % de ce dont elle a besoin en aliments, ce qui équivaut environ à 1,5 milliard de dollars US par année. Les produits importés sont surtout le blé, le maïs, le lait en poudre, la farine et l'huile de soja, qui en tout, représentent près de 75 % de la facture de l'alimentation. (MercoPress, 2011). Entre 2000 et 2006, les importations cubaines de produits agricoles ont presque doublé. Cuba a récemment levé la restriction qui ne permettait pas aux agriculteurs de vendre directement leur production agroalimentaire aux hôtels, ce qui devrait avoir un certain impact sur les importations alimentaires de l'île.

Le gouvernement cubain a tenté de stimuler la production agricole dans le but de réduire ses importations d'aliments en vrac. Même si ces mesures ont connu un succès dans certains marchés, ceux du riz et des haricots secs, et que la production laitière a nettement augmenté en 2009, on prévoit que le besoin en importations alimentaires sera toujours fort en 2011. Au cours de cette année, on prévoit que la facture d'importation de denrées alimentaires de Cuba dépasse de 25 % les estimations initiales, en partie en raison de la demande du pays pour les grains. En général, Cuba importe environ 60 % de son riz et pourrait devoir en importer 600 000 tonnes pour satisfaire la demande en 2011 (UPI, 2011).

L'industrie touristique de Cuba, en tant qu'élément moteur clé de l'économie globale du pays, joue un grand rôle dans les importations agricoles. En effet, Cuba a reçu plus de 2,5 millions de touristes étrangers en 2010 et vu l'essor du tourisme, l'industrie de l'accueil doit inévitablement accroître ses importations pour satisfaire la demande. En 2010, le tourisme a connu une croissance de 4,2 % par rapport à 2009.

Cuba importe à peu près 80 % de ses besoins alimentaires. L'Empresa Cubana Importadora de Alimentos (ALIMPORT) est responsable de l'importation d'environ 80 à 90 % de toute la nourriture à Cuba étant donné qu'il est le seul importateur approuvé de certains produits comme : le blé, les fruits frais, les légumes et la viande. ALIMPORT est une société d'État qui est la plus grande actionnaire du ministère du Commerce extérieur. Cette entité achète principalement pour ses magasins qui vendent en pesos nationaux (et qui soutiennent le livret de rations cubaines), mais qui possèdent cependant aussi certains magasins qui vendent en CUC (peso convertible cubain). De plus, ALIMPORT est le fournisseur d'un grand nombre de magasins de vente au détail en devises fortes qu'on trouve partout à Cuba. ALIMPORT compte quatre divisions (céréales, viande et lait, grains, magasin de vente en devises fortes). De plus, cette société importe des produits pour lesquels ils ont l'exclusivité officielle (comme le blé ou les fruits frais) au nom des entités cubaines actives dans le secteur du tourisme de première importance.

L'industrie touristique de Cuba est presque exclusivement gérée par des compagnies qui relèvent des trois entités gouvernementales suivantes : le ministère du Tourisme cubain (MINTUR), le ministère des Forces armées cubaines (MINFAR) et Habaguanex qui est l'entité responsable de l'approvisionnement des hôtels et des installations touristiques à La Havane. L'entreprise MINTUR responsable des importations agricoles est le Comercializadora ITH (simplement appelé ITH). Gaviota est l'exploitant des entreprises touristiques de MINFAR et son importateur agricole est A.T. Comercial. Habaguanex peut aussi importer directement certains produits agricoles. Si vous avez besoin d'un supplément d'information sur ces organismes, veuillez communiquer avec l'Ambassade du Canada à Cuba.

Le commerce de produits agricoles entre le Canada et Cuba connaît un fort déséquilibre, la balance commerciale du Canada étant fortement excédentaire. En 2010, la balance commerciale du Canada avec Cuba pour les produits agricoles était de 96,6 millions de dollars. Dans l'ensemble, le total du commerce agricole du Canada avec Cuba avait augmenté au cours des cinq dernières années, passant de 66,7 millions de dollars en 2006 à 114,6 millions de dollars en 2010. Cependant, après une croissance marquée en 2008, le Canada a connu une chute importante de ses exportations à Cuba en 2009, mais qui a ensuite été suivie d'une croissance de 19 % en 2010.

Commerce: La description de cette image suit.
Description

Commerce agroalimentaire du Canada avec Cuba: Domestic Exports 102,698,407(2000) 125,446,194(2001) 81,691,254(2002) 43,456,541(2003) 69,938,234(2004) 84,092,421(2005) 58,906,863(2006) 84,340,203(2007) 180,620,285(2008) 89,894,238(2009) 105,615,183(2010) - Imports 27,008,320(2000) 40,632,762(2001) 33,626,721(2002) 14,637,537(2003) 7,252,886(2004) 7,502,821(2005) 7,866,645(2006) 8,237,967(2007) 6,113,485(2008) 6,392,914(2009) 8,947,181(2010)

Les cinq principaux produits agricoles du Canada exportés à Cuba (2010)
Blé n.d.a. et méteil 50,7 millions $
Pois secs, décortiqués 20,5 millions $
Morceaux désossés de viande bovine, congelés 6 millions $
Pommes de terre de semence, fraîches ou réfrigérées 4,6 millions $
Lait en poudre (contenant au plus 1,5 % de matière grasse) 3,8 millions $
  • La valeur des exportations de produits agroalimentaires du Canada à destination de Cuba a varié au cours de la dernière décennie. Après avoir chuté en 2003 et en 2006, les exportations ont connu une hausse de 43 % en 2007 pour plus que doubler ensuite, passant de 84,3 millions à 180,6 millions de dollars en 2008.
  • Cette croissance anormalement élevée est principalement attribuable à de fortes augmentations des exportations de pois secs et décortiqués, de blé et méteil.
  • Après une chute en 2009, les exportations agroalimentaires ont retrouvé des valeurs plus normales de 89,9 millions de dollars et elles ont connu une croissance de 17,5 % en 2010. En 2009, les exportations de pois ont aussi retrouvé leur valeur normale, alors que les exportations de blé et de méteil ont diminué, bien qu'elles restent largement au-dessus des niveaux de 2007.
  • Parmi les principaux produits agroalimentaires canadiens exportés à Cuba en 2010, on compte : le blé et le méteil, qui représentent près de la moitié des exportations (48 %), les pois secs (19,4 %), les morceaux de viande bovine désossés et congelés (5,7 %), les pommes de terre de semence (4,3 %) et le lait en poudre (3,6 %).
  • Parmi les principaux produits agroalimentaires canadiens exportés, les produits qui ont le plus contribué à la croissance de 2010 sont les pois (croissance de 108 %), les morceaux de viande bovine désossés et congelés (330 %), les pommes de terre de semence (145 %), le lait en poudre (195 %), les morceaux de viande bovine non désossés (1 248 %), les poitrines de porc de salaison (206 %) et les pommes de terre congelées (898 %).
  • En 2010, les importations agroalimentaires en provenance de Cuba ont atteint 8,9 millions de dollars, soit près de 6,4 millions de dollars de plus qu'en 2009.
  • Parmi les principaux produits agroalimentaires importés de Cuba figurent les suivants : rhum et tafia, représentant plus de la moitié des importations agroalimentaires (53,4 %), cigares (y compris ceux à bouts coupés) et cigarillos, contenant du tabac (39,8 %), café non torréfié, non décaféiné (1,5 %), alcool éthylique non dénaturé (1,4 %), légumes, frais ou congelés (0,9 %).
Figure 1: La description de cette image suit.
Description

Les cinq principaux produits agroalimentaires exportés à Cuba (SH6) - millions $- Blé et méteil 24,297,168(2000) 23,134,454(2001) 4,887,993(2002) 0(2003) 2,250,161(2004) 33,402,719(2005) 18,621,893(2006) 30,854,123(2007) 72,897,168(2008) 47,953,975(2009) 50,659,478(2010) - Pois secs décortiques9,556,833(2000) 20,105,517(2001) 26,412,920(2002) 9,266,197(2003) 25,781,532(2004) 7,987,019(2005) 9,461,302(2006) 21,771,323(2007) 62,013,248(2008) 9,839,770(2009) 20,510,643(2010) - Morceaux de viande bovine désossés et congelés 903,695(2000) 2,368,684(2001) 1,571,822(2002) 752,964(2003) 0(2004) 14,882(2005) 516,836(2006) 226,748(2007) 6,837,134(2008) 1,404,698(2009) 6,039,885(2010) - Pommes de terre de semence fraîches ou réfrigérées 2,175,177(2000) 1,140,623(2001) 0(2002) 3,406,387(2003) 3,744,796(2004) 3,679,233(2005) 1,317,473(2006) 226,645(2007) 1,868,071(2008) 1,867,140(2009) 4,581,965(2010) - Lait en poudre 9,933,427(2000) 9,198,535(2001) 4,992,075(2002) 8,628,186(2003) 5,971,432(2004) 7,927,284(2005) 2,535,662(2006) 8,153,136(2007) 12,656,364(2008) 1,302,775(2009) 3,843,624(2010)

Les cinq principaux produits agricoles de Cuba importés au Canada (2010)
Rhum et tafia 4,8 millions $
Cigares (y compris ceux à bouts coupés) et cigarillos, contenant du tabac 3,6 millions $
Café, non torréfié, non décaféiné 136 117 $
Alcool éthylique non dénaturé 122 380 $
Légumes, frais ou congelés 83 144 $

Un résumé statistique complet est accessible du site Web du Service d'exportation agroalimentaire, Statistiques commerciales canadiennes par pays.


Économie

L'économie de Cuba se chiffre à environ 71 milliards de dollars US; le tourisme en est un secteur clé et la source première de revenu du pays. En 2010, Cuba s'est classé au 9e rang des pays de l'Amérique ayant accueilli le plus de touristes (UNWTO, 2011). Toutefois, parce qu'il s'agit d'un pays communiste, le gouvernement fédéral contrôle grandement l'économie. Sur le plan économique, les autres industries importantes de Cuba comprennent celle du sucre, du pétrole, du tabac, de la construction, du nickel et de l'acier. L'éducation à Cuba est gratuite à tous les niveaux, ce qui a produit un des taux d'alphabétisation le plus élevé au monde et favorisé des secteurs de la santé et de la biotechnologie solides. Cuba se classe troisième à l'échelle mondiale pour ses réserves de nickel (8 % du total des réserves mondiales) et possède des gisements importants de pétrole marin. Cuba est également reconnue pour son secteur informel, ou marché noir, qui, estime-t-on, représente jusqu'à 40 % de l'activité économique globale du pays.

Au cours des deux dernières décennies, l'économie cubaine a été aux prises avec de nombreuses difficultés d'ordre économique et d'origine naturelle. Cependant, les mesures récentes du gouvernement se sont avérées prometteuses et pourraient donner un aperçu de ce que pourrait être l'avenir économique de Cuba. Les réformes économiques avancent et les changements dans les domaines clés, comme les réductions de la main-d'œuvre publique et les augmentations des occasions d'affaires dans le secteur privé ainsi que dans le travail indépendant, tendent à faire penser que Cuba adopte une approche semblable à celle de la Chine, soit une économie contrôlée par l'État et axée davantage sur le consommateur. Cuba demeure tout de même un pays communiste, et ces changements se feront petit à petit. En revanche, si l'on se fie à la situation de la Chine, ces initiatives pourraient être la promesse d'une économie plus orientée sur le marché à l'avenir. La Chine est aussi devenue l'un des principaux créanciers de Cuba.

Malgré les progrès, l'économie et les pratiques en matière de commerce extérieur de Cuba demeurent déterminées par des facteurs apparemment contradictoires. Vu les difficultés économiques, les raisons pratiques et le prix pèsent lourd dans la balance lorsqu'il est question d'échanges commerciaux. Cependant, les fortes opinions politiques et idéologiques du pays rendent d'autant plus complexe la recherche de sources d'importations. La région des Caraïbes, qui englobe une vingtaine de pays, présente des débouchés commerciaux potentiels. Fait étonnant, malgré sa situation géographique, Cuba fait peu affaire avec ses voisins. La situation géographique de Cuba constitue également un avantage pour le Canada dans une optique commerciale, car le Canada est plus près de Cuba que la Chine ou l'Espagne, les deuxième et troisième sources d'importations de l'île.

De plus, la relation moins qu'avantageuse de Cuba avec les États‑Unis, exacerbée par l'embargo imposé par les États‑Unis à Cuba continue d'influencer le commerce extérieur. Cependant, au cours des dernières années, les politiques américaines concernant Cuba se sont assouplies et en 2009, l'Organisation des États américains (OEA) a voté en faveur de lever l'embargo imposé à Cuba depuis 47 ans.

En 1995, le peso convertible cubain (CUC) a été introduit dans le but de convertir la devise étrangère (notamment le dollar américain dont la valeur est à parité) et d'encourager le commerce international et l'industrie touristique. Le fait que Cuba soit tributaire du tourisme et ait une monnaie convertible à parité avec le dollar américain rend l'économie du pays très vulnérable aux bouleversements externes. Au cours des dernières années, les dommages causés par les ouragans ont aussi eu des répercussions sur l'économie cubaine, notamment dans les secteurs du tourisme et de l'agriculture, et le pays pourrait se voir obliger d'accroître ses importations de produits agricoles pour répondre à la demande intérieure.

Produit intérieur brut (2010)
PIB nominal 71,3 milliards $ US
Croissance du PIB réel 7,1 % (moy. 2005-2009)
1,5 % (2010)
1,6 % (2011)
PIB/habitant 5 130 $ US
PIB/habitant (PPA) 10 150 $ US

Source : EDC, EIU ViewsWire, CIA World Factbook

Aujourd'hui :

  • Le PIB nominal de Cuba s'élève à 71,3 milliards de dollars américains (Exportation et développement Canada (EDC).
  • Le taux d'inflation a diminué progressivement, passant de 2,5 % en 2003 à 2,0 % en 2008, et a continué sa chute pour atteindre 0,7 % en 2010.
  • La devise cubaine est le peso cubain et le peso convertible.
  • La croissance du PIB a atteint un sommet en 2006; toutefois, elle est légèrement en baisse depuis. En 2010, on a observé une croissance du PIB réel de 1,5 %, considérablement moins forte que la moyenne de 7,1 % observée de 2005 à 2009.
  • Le secteur des services représente une grande part du PIB (74,2 %) alors que l'industrie en représente 21,8 % et l'agriculture 4 %.
  • En 2010, les exportations ont totalisé 3,1 milliards de dollars, avec un taux de croissance annuel composé de 16,5 %, beaucoup plus élevé que la moyenne de 4,3 % observée pendant la période de 2005 à 2009.
  • En 2010, les importations totales étaient de 9,6 milliards de dollars, avec un taux de croissance annuel composé atteignant 13,7 %, ce qui représente aussi une augmentation par rapport à la moyenne de 9,7 % de 2005 à 2009.

Prévisions :

  • EDC prévoit un taux de croissance du PIB réel de 3,6 % en 2011, suivi d'une croissance un peu plus forte de 4 % en 2012.
  • À plus long terme, le Economist Intelligence Unit (EIU) prévoit que le taux de croissance réelle du PIB s'élèvera à 4,3 % en 2013 pour ralentir un peu à 3,9 % en 2015.
  • On prévoit que l'inflation augmentera considérablement au cours des prochaines années, atteignant un taux de 5,4 % en 2011 et un taux un peu plus bas de 4,9 % en 2012.
  • Selon EDC, on prévoit que les perspectives économiques restent limitées en raison des problèmes structurels persistants, de l'accès limité au crédit et des sanctions économiques imposées par les États-Unis. Cependant, les perspectives concernant certains secteurs sont de plus en plus positives et pourraient se développer considérablement si la relation entre les États-Unis et Cuba s'améliore.
  • On prévoit que les exportations feront l'objet d'une croissance annuelle composée de 13,3 % en 2011 et qu'elles chuteront à 1,5 % en 2012. Quant aux importations, on prévoit qu'elles augmenteront modérément à 5,3 % en 2011 et qu'elles chuteront à 2,7 % en 2012.
  • L'évolution de l'activité économique, de l'État au secteur privé, devrait engendrer un certain nombre d'avantages économiques : accroître le revenu disponible, et favoriser le revenu fiscal et la productivité. Par conséquent, on prévoit que la consommation privée augmentera au cours de la période de 2012 à 2015. Parallèlement, une concurrence accrue sur le marché jumelée au chômage croissant devrait freiner la croissance à venir (EIU).

Marché de consommation

Peu de Cubains ont les moyens d'acheter des produits agricoles très coûteux. Par conséquent, pour les fournisseurs de produits agricoles haut de gamme, le marché de la consommation cubain est, à toutes fins pratiques, les 2,5 millions de touristes annuels au pays. Pour cette raison Cuba est un marché très intéressant pour les producteurs canadiens, étant donné qu'un million de touristes de Cuba sont en réalité des Canadiens.

Principales données démographiques concernant Cuba :

  • Cuba compte 11,24 millions d'habitants, et on prévoit que ce nombre diminuera légèrement à 11,22 millions en 2015 en raison du bas taux de naissance et de décès combiné à l'émigration.
  • La moyenne d'âge est de 38,4 ans et l'espérance de vie est de 77,7 ans.
  • Plus de 70 % de la population cubaine est âgée de 15 à 64 ans. Cependant, le pays est aux prises avec un taux rapidement croissant de population vieillissante et on prévoit que le taux de dépendance des personnes âgées atteigne 30 % en 2015.
  • Malgré le vieillissement des consommateurs, la jeune population entrant sur le marché du travail devrait maintenir la population d'âge actif au même taux.
  • Cuba a l'un des taux d'alphabétisation les plus élevés au monde : 99,8 % de ses habitants âgés de plus de 15 ans sont instruits et le nombre moyen d'années d'études depuis le primaire jusqu'à l'enseignement supérieur est de 18 années. L'accent mis sur l'éducation élève Cuba au deuxième rang mondial pour le pourcentage de son PIB consacré à l'éducation (13,6 %).
  • Le taux d'urbanisation est relativement stable et 75 % des habitants du pays vivent en zone urbaine et on prévoit que ce taux restera le même dans les années à venir. La Havane, capitale nationale, compte 2,14 millions d'habitants.
Estimé des données démographiques de 2011
Population 11,24 millions
Âge (% des habitants) 0 à 14 ans 17,3 %
Âge (% des habitants) 15 à 64 ans 71,1 %
Âge (% des habitants) 65 ans et plus 11,7 %
Âge moyen 38,4 ans
Croissance de la population -0,1 %

Source : CIA World Factbook, EIU ViewsWire

Le gouvernement fédéral, d'une part et le secteur des hôtels, des restaurants et des institutions (HRI), d'autre part, constituent les deux principaux marchés de consommation cubains. Le gouvernement, auquel appartiennent la majorité des terres et des entreprises, organise la plupart des négociations commerciales pour le pays. Les quelques entreprises privées qui existent sont assujetties à des taux d'imposition très élevés et versent souvent de très grosses parts de leurs recettes ou de leur production au gouvernement en vue de leur redistribution ou de leur revente. Le gouvernement importe souvent des produits alimentaires additionnels, car la production agricole du pays ne suffit que rarement aux besoins du programme de rations alimentaires.

Comme il a été mentionné précédemment, les entreprises d'État sont souvent également chargées d'importer les biens vendus tant aux magasins d'alimentation gérés par l'État qu'aux magasins non gérés par le gouvernement. Les Cubains doivent fréquemment se procurer des produits alimentaires dans les magasins, car le programme de rationnement ne comble généralement que les deux tiers des besoins alimentaires quotidiens d'un citoyen moyen. Les magasins d'alimentation d'État offrent des produits à prix raisonnable, mais le choix est limité et les produits sont souvent de moindre qualité. Les magasins non gérés par l'État offrent une gamme plus étendue de produits, mais acceptent souvent seulement les pesos convertibles plutôt que la monnaie nationale. Les Cubains ont beaucoup plus de difficulté à mettre la main sur des pesos convertibles qui leur coûtent beaucoup plus cher. Les CUC qui sont le plus souvent obtenus par des envois d'argent des familles demeurant à l'étranger, les pourboires des touristes ou le travail pour des entreprises étrangères et représentent une part importante du pouvoir d'achat des consommateurs cubains. Il y a aussi un marché noir considérable à Cuba où l'on écoule des articles interdits à la vente ou achetés à l'extérieur des systèmes gouvernementaux, souvent en raison de leur rareté, comme la viande, le lait ou les pommes de terre. En période de difficultés économiques, les Cubains ont déployé plus d'effort pour trouver les prix les plus bas. Toutefois, alors que les conditions s'améliorent, on tient de plus en plus compte de la qualité des produits.

Comme le secteur des HRI constitue la principale source de revenus de Cuba, il est important de le soutenir adéquatement. Certains de ces établissements font affaire avec des entreprises étrangères. Toutefois, beaucoup continuent d'acheter les produits que le gouvernement importe pour eux. La plupart des produits importés par le gouvernement pour les magasins d'alimentation et les rations alimentaires sont moins coûteux. Les produits de meilleure qualité sont aussi importés pour les hôtels, les restaurants et les institutions.


Concurrents

La situation commerciale entre Cuba et les États-Unis.

Les États-Unis imposent un embargo à Cuba depuis 1962 en conséquence des différends politiques suivant la montée du communisme à Cuba. Cependant, pour des raisons humanitaires, les États‑Unis permettent l'exportation de certains produits agricoles, ce qui fait des États-Unis la première source agroalimentaire de Cuba, approvisionnant environ 25 à 30 % de ses importations de produits agricoles et alimentaires. En vertu des lois américaines actuelles, ces exportations doivent se faire au comptant ce qui signifie que le paiement précède l'expédition et aucun crédit américain ne peut être consenti. Par conséquent, bien qu'il y ait des activités commerciales entre les États-Unis et Cuba, l'embargo joue encore un rôle considérable dans le commerce extérieur de Cuba et limite sa volonté d'accroître ses importations.

En 2008, on évaluait à 27 % les importations des États‑Unis ce qui représentait une diminution de 29 % par rapport à 2007. Cependant, en 2010, les exportations de produits alimentaires et agricoles des États‑Unis à Cuba ont diminué de 31 %. Cependant, les relations commerciales continues ou grandissantes entretenues avec d'autres pays constituent une des nombreuses raisons de cette baisse; ces pays comprennent le Brésil, l'Argentine, le Vietnam, le Mexique, le Canada, la Russie, l'Iran et la France. En 2010, les principaux produits importés des États-Unis comprenaient la viande de volaille congelée (27 %), le maïs (26 %), les fèves de soja (11 %), l'huile de fève de soja (7 %) et les drêches de brasserie et de distillerie (6 %). Le blé venait en 6e position, représentant 5 %, suivi de la viande porcine congelée représentant 4 % (United States-Cuba Trade and Economic Council).

La distance géographique qui sépare les États-Unis et Cuba n'est pas très grande. En effet, Cuba se situe à environ 150 kilometres de la côte de la Floride. Ainsi, le transport est peu coûteux et relativement simple. Sur le plan logistique, il serait facile pour Cuba d'accroître ses importations en provenance des États-Unis. Toutefois, ses politiques et positions idéologiques y font obstacle. Par contre, l'assouplissement récent de certaines politiques américaines pourrait entraîner des changements dans les années à venir. Cuba est encore réticent à être fortement tributaire des importations en provenance d'un seul pays (cependant, l'importance du Venezuela à Cuba a grandi de façon significative au cours des dernières années), en raison des crises qui ont été provoquées par le passé à cause d'une trop grande dépendance sur certains pays, notamment l'Union soviétique au cours des années 1960 à 1980. Le gouvernement cubain est conscient des problèmes qu'il a expérimentés par le passé, ce qui alimente sa réticence à accroître ses importations en provenance des États-Unis.

On recommande aux exportateurs canadiens de tisser des liens solides et de déployer des efforts pour le maintien de ces relations afin d'assurer que l'abolition ou la modification des conditions de l'embargo n'occasionne pas de perte de parts de marché. Il se peut que la concurrence émanant des producteurs américains vienne rapidement faire oublier la bonne volonté exprimée par le Canada en faveur du soutien à Cuba au cours des 50 dernières années. C'est maintenant le moment le plus opportun pour les entreprises canadiennes intéressées de prendre pied sur le marché.

Principaux concurrents du Canada sur le marché cubain

Cuba fait du commerce avec un grand nombre de pays du globe et un grand nombre de facteurs influent sur le commerce du pays, notamment la nécessité, le prix, la politique et les idéologies. Selon le CIA World Factbook, les principaux partenaires commerciaux pour les importations cubaines en 2009 étaient le Venezuela, provenance de 32,2 % des importations, la Chine (12,8 %), l'Espagne (8,5 %) et les États-Unis (7 %). Les principaux partenaires commerciaux pour les exportations cubaines en 2009 comprenaient la Chine, recevant 23 % des produits exportés par Cuba, le Canada (19,5 %), le Venezuela (10,4 %), l'Espagne (6,5 %) et les Pays‑Bas (4,4 %).

Le Venezuela, la plus grande source d'importations cubaines, joue un rôle de premier plan dans l'économie de l'île. Cuba et le Venezuela partagent des positions politiques communes et les deux pays ont signé un accord commercial bilatéral, lequel est soutenu par leurs politiques et leur proximité géographique. Les deux pays partagent les services de professionnels de la santé cubains en échange desquels Cuba reçoit du pétrole vénézuélien à prix subventionné. Le pétrole représente une part importante des exportations annuelles du Venezuela à destination de Cuba. Dans l'ensemble, les exportations du Venezuela vers Cuba ont augmenté de 10,2 % en 2010 et les exportations agroalimentaires ont augmenté de 171,1 %. Une part relativement faible, 6,2 % des exportations vénézuéliennes à Cuba est constituée de produits agroalimentaires.

La Chine, qui est la deuxième source d'importations à Cuba et la principale destination des exportations cubaines, partage certaines des idéologies et des croyances politiques avec Cuba, ce qui a grandement influé sur les rapports étroits qu'entretiennent ces deux pays. Cuba et la Chine ont signé un accord bilatéral et, en 2006, les exportations chinoises à destination de Cuba ont presque doublé en atteignant la barre des 1,4 milliard de dollars. Cependant, au cours des dernières années, les exportations chinoises à Cuba ont diminué, chutant de 40 % en 2010 et la baisse des exportations agroalimentaires représentait 83,1 %. Les exportations agroalimentaires chinoises représentaient un peu plus de 1 % du total des exportations chinoises vers Cuba.


Accès au marché

Les relations commerciales bilatérales entre Cuba et le Canada sont solides, et le Canada demeure une des sources d'importations importantes de Cuba. Les ressources, les politiques et la proximité géographique du Canada sont à la base d'un fort potentiel de croissance soutenue des exportations à destination de Cuba. Les exportateurs canadiens sont encouragés à élaborer des stratégies d'entrée sur le marché notamment par la vente de produits compétitifs sur les marchés locaux et le maintien d'un commerce et d'une communication constants avec les importateurs cubains établis. Actuellement, une grande part du commerce agricole du Canada avec Cuba s'effectue par le biais de négociants.

Les exportateurs canadiens sont encouragés à visiter le Service des délégués commerciaux du Canada pour obtenir un accès facile aux ambassades canadiennes et aux postes à l'étranger. Les exportateurs canadiens sont aussi invités à recourir aux services d'EDC et du MAECI qui offrent tous deux de l'information commerciale et des services financiers et de gestion du risque aux exportateurs canadiens.

Selon le délégué commercial, les importateurs cubains ne font affaire qu'avec les entreprises bien établies qui ont fait leurs preuves (au moins depuis plus de cinq ans) et qui ont l'expérience des marchés étrangers. Conséquemment, ils n'envisagent pas de choisir de nouvelles entreprises ou des entrepreneurs individuels.

Les activités dans le secteur privé demeurent limitées à Cuba; par conséquent, les contrats et d'autres types d'accords doivent habituellement être négociés par le biais d'entreprises gouvernementales. Pour obtenir de plus amples renseignements sur le commerce et les tarifs à Cuba, rendez‑vous à la page d'information des membres de l'OMC sur Cuba.

Le ministère de l'Agriculture de Cuba régit l'importation d'animaux et de produits animaux, de même que de végétaux et de produits végétaux, tandis que le ministère de la Santé de Cuba est responsable des produits prêts à consommer (USDA, 2010). Les droits de douane de Cuba sont fondés sur le Système harmonisé de désignation et de codification des marchandises (SH) et des taux préférentiels sont accordés aux importations provenant des pays qui ont des accords commerciaux avec Cuba. Les nations les plus favorisées (NPF), qui comprennent les membres de l'OMC et les pays avec qui Cuba entretient un accord bilatéral doivent généralement acquitter des droits de douane de 10,7 % (USDA, 2010). Cuba utilise la Nomenclature du Système harmonisé à huit chiffres. Les coordonnées de l'autorité douanière de Cuba, le chef des douanes générales, sont les suivantes (Australian Trade Commission, 2011).

Chef des douanes générales
Aduana General de la Republica
Avenida Independencia No. 63
e/Bruzon y Lugareno
La Habana
Tél. : +53 7 790 800

De plus amples renseignements sur les tarifs cubains se trouvent dans le Bulletin international des douanes de l'Union internationale pour la publication des tarifs douaniers.

Conseils aux voyageurs d'affaires
  • Les citoyens canadiens doivent disposer d'un visa afin d'entrer à Cuba. Si vous visitez le pays pour des raisons d'affaires, vous devez vous procurer un visa d'affaires au coût de 112 $ par personne. Il est conseillé de communiquer avec l'Ambassade de Cuba à Ottawa ou son consulat à Montréal ou à Toronto au sujet de cette question.
  • Il existe deux monnaies cubaines : le peso cubain (CUP) et le peso cubain convertible (CUC). Le peso cubain est la monnaie locale, tandis que le CUC est utilisé pour la conversion d'autres monnaies internationales, les échanges internationaux et les dépenses des touristes. La monnaie locale vaut beaucoup moins que le peso convertible. Il est donc important de s'assurer de recevoir le bon montant pour chaque opération une fois le taux de change calculé.
  • Depuis 2004, le dollar américain n'est plus accepté à Cuba. On conseille aux personnes qui voyagent dans ce pays de ne pas apporter d'argent américain, car des frais supplémentaires de 10 % s'appliquent à la conversion des dollars américains en pesos.
  • Les guichets automatiques sont rares à l'extérieur de La Havane. Vérifiez auprès de votre banque pour vous assurer que votre carte de guichet est acceptée à Cuba. Les cartes de débit ne sont pas acceptées pour payer des achats dans le reste du pays.
  • L'utilisation de cartes de crédit et de chèques de voyage peut aussi être limitée. Souvent, ce ne sont que les grands hôtels qui acceptent de tels modes de paiement. Si votre carte de crédit ou vos chèques de voyage sont émis par une banque américaine, ils ne seront acceptés nulle part. American Express ne fait pas exception à la règle.
  • Évitez de mettre des objets de valeur dans vos bagages enregistrés, car ils pourraient être volés à l'aéroport, lors de la manutention des bagages ou lors d'un trajet en taxi.
  • Les voyageurs à Cuba doivent en tout temps avoir une pièce d'identité avec photo.
  • Informez-vous auprès de votre fournisseur de services de téléphonie cellulaire pour savoir si vous pourrez utiliser votre téléphone à Cuba, car la couverture qu'offrent certains fournisseurs pourrait y être limitée.
  • La langue officielle à Cuba est l'espagnol. On parle l'anglais dans certains secteurs d'affaires et du tourisme mais, si nécessaire, des services d'interprètes et de traducteurs peuvent être obtenus de la chambre de commerce cubaine moyennant des frais supplémentaires.
  • Il n'est pas recommandé de conduire un véhicule à Cuba, étant donné que la loi cubaine criminalise les accidents de la circulation et les auteurs d'accident peuvent se voir imposer une peine d'emprisonnement.
  • Il est très important de tenir compte des susceptibilités des Cubains, de leur fierté, de leur histoire et de leur culture dans la conduite des affaires. Ils sont très hospitaliers et, pour connaître du succès sur ce marché, il faut se montrer poli et respectueux.
  • Pour les entrepreneurs cubains, il est important de recevoir une réponse aux lettres, aux télécopies et aux appels. Si on ne leur répond pas, ils se tournent souvent vers d'autres fournisseurs ou gens d'affaires.

Pour des renseignements additionnels sur les voyages à Cuba, ou pour se préparer et réussir en affaires à Cuba, veuillez consulter les conseils aux voyageurs publiés par le ministère des Affaires étrangères et du Commerce international du Canada.

Pour des renseignements additionnels sur l'accès au marché et la façon de faire des affaires à Cuba, rendez‑vous au portail du gouvernement du Canada Faire des affaires avec Cuba ou au site du délégué commercial virtuel Conseils pour les gens d'affaires en voyage à Cuba


Secteur et politiques agricoles

Le secteur de l'agriculture à Cuba est confronté à de nombreux défis dont la gestion de la propriété des terres et de leur utilisation de manière inefficace. Cependant, depuis 2009, la décentralisation du secteur de l'agriculture géré par le gouvernement a entraîné ce dernier à louer des terres appartenant à l'État dans le but d'accroître l'efficacité et d'autoriser plus d'activités agricoles privées afin de stimuler la production. L'EIU prévoit que le taux d'emploi dans le secteur de l'agriculture restera relativement stable dans les années à venir en raison de l'augmentation de la productivité ainsi que des nouvelles politiques mettant l'accent sur l'utilisation intensive des terres agricoles. On met aussi l'accent sur l'utilisation des terres environnant les villes.

En 2010, la part du PIB attribuable au secteur agricole cubain s'établissait à environ 4 %, mais comprenait 20 % de la main-d'œuvre cubaine qui totalise 5,1 millions de personnes. Les terres arables et les cultures permanentes occupent respectivement 27,6 % et 6,5 % des 109 820 km2 de l'île. Environ 8 700 km2 de l'île sont irrigués (CIA World Factbook, 2011).

À Cuba, les conditions météorologiques sont très imprévisibles et ont des répercussions draconiennes sur le secteur agricole. Par le passé, une grave sécheresse a entraîné une baisse notable de la production agricole, tandis que les ouragans ont aussi causé des dégâts importants. De tels désastres naturels peuvent avoir de lourdes conséquences sur le secteur agricole cubain et forcent régulièrement le pays à accroître, parfois considérablement, ses importations de produits agricoles.

Les principaux produits de l'agriculture cubaine comptent le sucre, le tabac, les agrumes, le café, le riz, les pommes de terre, les fèves et le bétail. Cuba a déployé des efforts visant à stimuler la production et en 2009, on a observé une croissance notable de la production de riz (44,6 %), des haricots secs (9,6 %), et du lait (10,8 %) (Reuters, 2010). Même s'il y a une vingtaine d'autres pays qui occupent les Caraïbes, Cuba n'entretient que des liens commerciaux minimes avec tous, vraisemblablement en raison de leurs environnements et leur production semblables. Grâce à l'aide de spécialistes étrangers, comme les experts canadiens, le gouvernement cubain expérimente aussi de nouvelles cultures, comme le soja. Même si la production de sucre demeure un secteur clé et un produit agricole d'importance, son rang parmi les éléments dominants de l'économie cubaine a changé avec les années en raison de la diminution importante de sa production. Sur les 156 usines de sucre qu'il possédait, le gouvernement en a fermé 71.

Le gouvernement cubain s'est concentré sur le développement de l'agriculture urbaine, ce qui découle du besoin d'accroître les approvisionnements alimentaires et l'autosuffisance au pays. Pendant que l'agriculture axée sur l'utilisation intensive des terres était en proie à des difficultés dans les régions rurales, la grande population urbaine du pays est passée maître dans l'art des jardins urbains et en est devenue dépendante. Ces jardins, de même que les petites fermes privées, produisent une quantité considérable de fruits et de légumes. En fait, à La Havane, les jardins urbains, ou organopónicos, produisent assez de fruits et de légumes pour satisfaire 90 % des besoins de la ville.

Au cours des dernières années, le gouvernement a pris des mesures visant à faire progresser l'économie et les politiques cubaines et a annoncé son intention de prêter de plus en plus de terres appartenant au gouvernement à des agriculteurs privés et d'accepter plus de produits à prix subventionné et d'aide de l'étranger. Le gouvernement recueille une partie de la production agricole des agriculteurs cubains pour la vendre ou la redistribuer à l'ensemble du pays sous forme de rations alimentaires. Cependant, Cuba a récemment levé la restriction qui empêchait les agriculteurs de vendre directement leur production agroalimentaire aux hôtels, ce qui devrait avoir un impact sur la production alimentaire (et les importations alimentaires approvisionnant le secteur des hôtels, des restaurants et des institutions (HRI)).

En dernier lieu, les actions du gouvernement américain pourraient aussi avoir un impact sur l'agriculture cubaine, étant donné que les politiques de l'administration américaine pourraient influencer les décisions en matière de commerce étranger de Cuba.


Coordonnées

L'ambassade du Canada à Cuba

Adresse : Calle 30, N° 518 esquina a 7ma, Miramar, La Habana, 11300, Cuba
Téléphone : (53-7) 204-2516/2517/2527
Télécopieur : (53-7) 204-2044
Courriel : havan-td@international.gc.ca
Site Web : www.deleguescommerciaux.gc.ca/cu
Autre URL : www.canadainternational.gc.ca/cuba

Mlle Laura Dalby
Deuxième secretaire (comm.)
Déléguée commerciale
Accès au marché, Agriculture, aliments et boissons, Industries forestières, Poissons et fruits de mer, Politique économique et commerciale, Technologies et machines agricoles
Courriel : laura.dalby@international.gc.ca


Principales sources d'information

  • Agriculture et Agroalimentaire Canada. « Agroalimentaire - Rapport sur le passé, le présent et l'avenir - Cuba » Service d'exportation agroalimentaire. Agriculture et Agroalimentaire Canada, mars 2009.
  • AJL, MAX. « Eat Local: Cuba's Urban Gardens Raise Food on Zero Emissions. » Inside Climate News. Inside Climate News Group, 27 janvier 2009.
  • « Cuba admits food imports bill is up 25% and “miracles are running out”. » MercoPress South Atlantic News Agency. N.p., 16 avril 2011.
  • « Cuba - Doing Business. » Australian Government - Austrade. Australian Government - Australian Trade Commission, 4 mai 2011.
  • « Cuba Trade. » Global Trade Atlas. Global Trade Information Services, Inc., 2011.
  • Economist Intelligence Unit (EIU). « Cuba: 5-year forecast table. » ViewsWire. Economist Intelligence Unit (EIU), 5 août 2011.
  • - - -. « Cuba economy: Demographic profile. » ViewsWire. Economist Intelligence Unit (EIU), juin 2011.
  • Euromonitor International. « Cuba: Country Factfile. » Passport. Euromonitor International, 2011.
  • Exportation et développement Canada (EDC). « Cuba - Economics. » Export Development Canada (EDC). N.p., août 2011.
  • Frank, Marc. « Cuba moves to decentralize state-run agriculture. » Reuters. Thomson Reuters, 24 Mar. 2008.
  • Frank, Marc. « Cuban efforts to reduce bulk food imports on track. » Reuters. Thomson Reuters, 3 janvier 2010.
  • Gouvernement du Canada. « Relations entre le Canada et Cuba. » Gouvernement du Canada. N.p., avril 2009.
  • - - -. « Faire affaires avec Cuba. » Gouvernement du Canada. N.p., 2 mars 2009.
  • - - -. « Fiche documentaire - Cuba. » Gouvernement du Canada. N.p., mai 2011.
  • Israel, Esteban. « In 'eat local' movement, Cuba is years ahead. » Reuters. Thomson Reuters, 15 déc. 2008
  • Neill, Morgan. « Cuban leader looks to boost food production. » Cable News Network, 17 avril 2008.
  • Raffensperger, Lisa. « Changes on the Horizon for Cuba's Sustainable Agriculture. » World Resources Institute. N.p., 5 mai 2008.
  • « Trade with Cuba. » United States Department of Agriculture, Foreign Agricultural Service. N.p., 12 janvier 2009.
  • Organisation mondiale du commerce (OMC). « Cuba Country Profile. » Organisation mondiale du commerce (OMC). N.p., mars 2011.