Le consommateur de la Chine urbaine
Comportements, dispositions et perceptions à l'égard des produits alimentaires

Avril 2010

Bureau des marchés internationaux
RAPPORT SUR LES INDICATEURS DE MARCHÉ | AVRIL 2010

Analyses des marchés mondiaux
Ces rapports couvrent une grande variée de sujets pour les marchés qui sont d'intérêt pour le secteur. Plusieurs nouveaux rapports seront ajoutés sur une base régulière. Si vous désirez être ajoutés à notre liste de distribution par courriel afin de recevoir les prochains rapports plus rapidement ou pour nous offrir vos commentaires veuillez nous contacter via notre adresse courriel à : infoservice@agr.gc.ca.





DANS CE RAPPORT





CHINE – NOUVEAUX DÉBOUCHÉS

La Chine, à l'origine une société agraire, est devenue au fil des siècles une société moderne caractérisée par des percées technologiques et des influences internationales. Aujourd'hui, de nouvelles possibilités agroalimentaires voient le jour, alors que les contextes économique, politique et socioéconomique du pays continuent d'évoluer. Les consommateurs chinois sont maintenant disposés à accueillir de nouvelles saveurs et exigeront davantage d'aliments venant des quatre coins du monde.

Les Chinois sont des consommateurs avisés qui savent ce qu'ils veulent. Toutefois, leurs préférences et leurs comportements sont en grande partie enracinés dans les riches traditions culturelles du pays.

Comme la Chine est le pays le plus peuplé au monde et que sa géographie est vaste et diversifiée, les caractéristiques du pays et de sa population sont variées. Après des siècles d'adaptation, le pays présente une grande variété de modes de vie et de comportements, particulièrement dans les régions urbaines densément peuplées. Il n'est donc pas pratique d'aborder la Chine comme si elle constituait un seul marché de consommation homogène. Par conséquent, le présent rapport porte uniquement sur les comportements et les dispositions des consommateurs urbains de la Chine continentale.


LA CHINE EN BREF

La Chine, pays au passé complexe et instable, a été façonnée par des influences diverses, des seigneurs de guerre féodaux jusqu'au socialisme. Au cours de cette longue histoire parfois turbulente, la nourriture a été la seule constante. Celle-ci a toujours joué un rôle important dans la société chinoise, qu'il s'agisse de banquets pour souligner la naissance d'un enfant ou de célébrations d'événements régionaux ou nationaux. La salutation d'usage en Chine n'est pas « Comment allez-vous? », mais bien « Avez-vous mangé? » Cette habitude remonte au temps où les aliments étaient disponibles en petites quantités, laissant souvent les gens sur leur faim.

En termes d'étendue, la Chine est le quatrième plus grand pays du monde après la Russie, le Canada et les États-Unis (The World Fact Book, 2009). Le pays est divisé en plusieurs unités administratives : 23 provinces, cinq régions indépendantes et quatre municipalités. Il y a également deux régions administratives spéciales : Hong Kong et Macau.

La Chine partage ses frontières avec plusieurs pays : l'Inde, la Mongolie, la Russie, le Laos, le Kazakhstan, la Corée du Nord et le Vietnam. Plusieurs mers bordent ses côtes, soit la mer de Chine orientale, la mer Jaune et la mer de Chine occidentale. Le climat du pays est donc très diversifié, passant de tropical au sud à subarctique au nord. Les sécheresses, les inondations et les typhons y sont fréquents.

En raison du changement climatique et de l'expansion tentaculaire des villes, on s'attend à une diminution du rendement des cultures et de la superficie des terres agricoles, ce qui aura pour effet de réduire l'approvisionnement alimentaire intérieur (Reuters, 22 août 2007).

Le gouvernement chinois encourage l'investissement dans l'économie rurale, et la croissance du secteur agricole est d'environ 3 % par année. L'objectif de croissance du gouvernement pour le secteur agricole est d'un peu plus de 5 % par année. La croissance a toutefois été plus lente que prévu à cause de défis environnementaux, comme la désertification des terres arables et la sécheresse.

Naître à Suzhou
Vivre à Hangzhou
Manger à Guangzhou
Mourir à Liuzhou


COMMERCE MONDIAL

La Chine est la deuxième plus grande économie au monde. L'agriculture représente près de 11 % de cette économie et plus de 40 % de la main-d'oeuvre. La Chine est un grand exportateur et importateur de produits agroalimentaires. Elle est également le plus grand exportateur de fruits de mer, ce qui en fait un marché aux nombreuses possibilités pour les entreprises agricoles canadiennes.

  • La Chine est un importateur net de produits agroalimentaires et de fruits de mer. En 2008, le déficit commercial du pays pour ses produits agroalimentaires et ses fruits de mer était de plus de 18 milliards $ US. Au cours des cinq dernières années, les produits agroalimentaires et fruits de mer importés en Chine ont crû de 21 % par année, en moyenne (Global Trade Atlas, 2009).
  • En 2008, les principaux produits agroalimentaires et fruits de mer importés en Chine étaient le soja, le coton, l'huile de palme raffinée, l'huile de soja brute et la laine. Les principaux fournisseurs en 2008 étaient les États-Unis, le Brésil, l'Argentine, la Malaisie et l'Australie.
  • Les principaux produits alimentaires transformés importés en Chine sont l'huile de palme, l'huile de soja, la farine de poisson, la peau de bovin et le poisson congelé. La Malaisie, les États-Unis et l'Argentine sont les plus grands fournisseurs d'aliments transformés de la Chine et totalisent environ 41 % des importations dans ce secteur (Global Trade Atlas, 2009).

RELATIONS COMMERCIALES ENTRE LE CANADA ET LA CHINE

Le potentiel de croissance des produits alimentaires canadiens de qualité auprès des consommateurs chinois est excellent. La Chine est un partenaire commercial de plus en plus important pour le Canada, et représente le quatrième plus grand marché d'exportation du Canada pour les fournitures de tout genre. En 2008, ces exportations totalisaient 10,5 milliards $, comparativement aux 4,8 milliards $ enregistrés en 2003, et comptaient pour plus de 2 % des exportations totales.

La Chine est un important marché d'exportation pour les produits agroalimentaires, les poissons et les fruits de mer canadiens. En 2008, les exportations de produits agroalimentaires à destination de la Chine totalisaient plus de 1,5 milliard $, comparativement aux 400 millions $ enregistrés en 2003. La Chine était le quatrième plus grand marché d'exportation pour les produits agroalimentaires du Canada, comptant pour près de 4 % des exportations de produits agroalimentaires totales du Canada.

Les exportations canadiennes de poissons et de fruits de mer vers la Chine sont également importantes, mais affichent une croissance moins rapide que les produits agroalimentaires. En 2008, le Canada a exporté 258 millions $ en poissons et fruits de mer vers la Chine, comparativement à 255 millions $ en 2003. Ces exportations ont représenté 7 % des exportations totales du Canada en poissons et fruits de mer, faisant de la Chine le troisième plus grand marché d'exportation pour ces produits canadiens.

En 2008:

  • Les principaux produits agroalimentaires et fruits de mer canadiens exportés en Chine étaient le colza, l'huile de canola, le crabe des neiges, le soja et les pois.
  • Le secteur agroalimentaire canadien a enregistré un excédent commercial de 0,9 milliards $ CA avec la Chine.
  • Les principaux produits agroalimentaires et fruits de mer chinois importés au Canada étaient le jus de pomme, la chair de poisson congelée, les crevettes congelées, les champignons et les filets de sole (Statistique Canada, 2009).
  • Les importations d'aliments transformés ont maintenu leur tendance de croissance sur cinq ans et ont totalisé 25 milliards $ US.
  • Le Canada a fourni environ 3 % des aliments transformés importés en Chine.

DÉMOGRAPHIE


Population

La Chine est le pays le plus peuplé du globe. En juillet 2009, la population du pays était évaluée à près de 1,34 milliard d'habitants, ce qui représente environ le cinquième de la population mondiale (The World Fact Book, 2009).

Environ 43 % de la population chinoise est concentrée dans les régions urbaines et cette proportion continue d'augmenter. En outre, on estime qu'environ 65 millions de jeunes consommateurs urbains âgés de 20 à 39 ans sont attirés par les marques occidentales et peuvent être influencés par la publicité (A.T. Kearney, 2007).

On retrouve en Chine quelques-unes des villes les plus peuplées et les plus fortes densités de population au monde. Bien que les villes les plus peuplées ne se trouvent pas nécessairement dans les régions où la population est la plus dense, quatre grandes villes chinoises se trouvent dans des régions densément peuplées. En 2007, on comptait près d'une douzaine de villes avec une population totale de plus de 5 millions d'habitants, notamment Shanghai, Beijing, Tianjin et Chongqing. Ces quatre villes se trouvent également dans des régions où la population totale compte parmi les plus élevées du pays (tableau 1) (Economy Watch).

Tableau 1 : Exemples de villes fortement peuplées situées dans des régions densément peuplées
Ville et région corres-pondante Population urbaine totale (en millions) Population totale (en millions)
Beijing 13,2 16,33
Tianjin 8,2 11,15
Shanghai 17,0 18,58
Chongqing 7,5 28,16

Source : Economy Watch, China Population, Chinese Popula-

Politique de l'enfant unique

Depuis les années 1970, la croissance démographique de la Chine est régie par une politique de planification familiale limitant à un le nombre d'enfants que peuvent avoir les couples en âge de se marier, sauf quelques exceptions spécifiques pour les familles vivant dans des régions rurales et les régions où l'on trouve une forte concentration de minorités ethniques (White Paper on Population in China). La politique de l'enfant unique est fréquemment éludée par des parents bien nantis, aptes à payer les pénalités ou les amendes imposées par l'État (Boumphrey, 2007).

La Chine étant traditionnellement une société masculine, la mise en oeuvre initiale de la politique de l'enfant unique a donné lieu à un plus grand pourcentage d'enfants de sexe masculin. Une étude du British Medical Journal démontre qu'en 2005, la population masculine de moins de 20 ans était plus nombreuse de 32 millions (McDonald, 2009). Le nombre de naissances d'enfants de sexe féminin a peut-être été sous-estimé, mais l'étude prévoit que cet écart se maintiendra au cours des deux prochaines décennies. Les hommes de moins de 20 ans joueront donc un rôle important pour déterminer les préférences alimentaires.

La politique de l'enfant unique a réussi à ralentir la fulgurante croissance démographique du pays, mais les statistiques démontrent également que la population chinoise vieillit. En 2009, on estimait l'âge moyen à 34,1 ans, soit 33,5 ans pour les hommes et 34,7 ans pour les femmes.

De 1996 à 2007, la population d'enfants de moins de 14 ans est passée de 324 millions à 238 millions. Bien que la croissance démographique globale du pays ait diminué, le pourcentage de personnes âgées devient une question préoccupante puisqu'il n'y aura pas suffisamment de travailleurs pour soutenir la population vieillissante. Le tableau 2 illustre la répartition de la population par sexe et par groupe d'âge.

Tableau 2 : Répartition de la population par sexe et par groupe d'âge, 2009
Groupe d'âges % de la population population masculine population féminine
0-14 ans 19,8 % 140 877 745 124 290 090
15-64 ans 72,1 % 495 724 889 469 182 087
65 ans et plus 8,1 % 51 774 115 56 764 042

Source : The World Fact Book, China (juin 2009), previsions pour 2009

Prévisions

L'ONU prévoit que d'ici 2050, la Chine comptera 101 millions d'habitants âgés de 80 ans et plus, comparativement à 43 millions en Inde et à 32 millions aux États-Unis (Division de la population du Département des affaires économiques et sociales du Secrétariat de l'ONU).

La plus grande espérance de vie de la population vieillissante, qui croît rapidement, représente un défi pour le système de santé. Selon les prévisions, l'espérance de vie moyenne des Chinois sera de 73 ans d'ici 2010, alors qu'elle était de 36,5 ans en 1949, année de fondation de la République populaire de Chine (National Human Rights Action Plan of China, 2009-2010; China.Org.Cn, 7 janvier 2008; People's Daily Online, 13 avril 2009).

À en juger par ces données démographiques, on peut s'attendre à ce que les aliments axés sur un mode de vie sain jouent un rôle plus important sur le marché de l'alimentation.


Ethnicité

La population chinoise se compose de 56 groupes ethniques identifiés et reconnus à ce jour par le gouvernement, notamment les Han, qui constituent le groupe le plus vaste. Les 55 autres groupes réunis forment une population beaucoup plus petite et sont couramment désignés comme étant des « minorités ethniques ».

Selon le cinquième recensement national effectué en 2000, les 55 minorités ethniques formaient une population totale de 104,49 millions d'individus, soit environ 8,41 % de la population totale du pays (Bureau de l'information du conseil d'État de la République populaire de Chine, 2005).

La répartition de ces populations ethniques est très variée.

  • Le plus grand groupe, les Zhuang, est constitué d'environ 16 millions de personnes réparties dans trois provinces.
  • Le groupe des Hui compte près de 10 millions de personnes réparties dans 19 provinces.
  • Le plus petit groupe, les Lhoba, compte un peu moins de 3 000 individus vivant tous au Tibet.
  • En tout, 18 minorités ethniques ont une population supérieure à un million de personnes, alors que 20 autres ont une population de moins de 100 000 individus, dont sept groupes de moins de 10 000 individus (Lai, 2009).

La langue officielle du pays, le mandarin (aussi appelé Putonghua), est la langue la plus couramment parlée en Chine, et l'une des langues les plus parlées à l'échelle mondiale. Les groupes ethniques parlent aussi d'autres langues et la majorité d'entre eux, sauf deux, ont leur propre langue.

Par souci d'équité envers ses groupes ethniques, le gouvernement chinois a mis en place des politiques et des mesures particulières afin de reconnaître leur langue et leur culture respectives. Les campagnes de marketing nationales en mandarin seulement ne seront pas déployées dans certaines régions, particulièrement dans les régions rurales où l'on trouve une forte concentration de minorités ethniques.


Éducation

L'un des objectifs de la politique de l'enfant unique était d'améliorer le système d'éducation. En 1950, la Chine a instauré un programme d'éducation obligatoire de neuf ans dans 90 % de ses régions peuplées (site Web officiel du gouvernement chinois). À l'époque, l'analphabétisme chez les jeunes et les personnes d'âge moyen avait considérablement diminué, passant de plus de 80 % à 5 %.

Selon l'objectif actuel, en 2020, pour chaque tranche de 100 000 individus, 13 500 auront au moins une éducation préuniversitaire et 31 000 auront fait des études secondaires de deuxième cycle. Les taux d'analphabétisme et de semi-alphabétisme chuteront sous la barre des 3 %, et le nombre moyen d'années de scolarité dans l'ensemble de la population passera de huit ans à près de 11 ans (Développement de l'éducation, site Web officiel du gouvernement chinois).

Selon China Economic Net, en 2008, un nombre record de 10,5 millions d'étudiants ont passé des examens d'admission dans des établissements nationaux d'enseignement supérieur, mais environ la moitié d'entre eux seront admis. Ce facteur y est pour beaucoup dans le nombre élevé de Chinois qui étudient à l'étranger (Développement de l'éducation, site Web officiel du gouvernement chinois). Cette expérience à l'étranger expose les étudiants à de nouvelles saveurs et de nouveaux produits alimentaires, ce qui peut favoriser une meilleure acceptation de ces produits chez les jeunes, qui seront plus ouverts aux aliments importés.

En outre, les femmes sont de plus en plus scolarisées, et indépendantes sur le plan financier (The Nielsen Company). Celles-ci pourraient donc stimuler la demande en produits alimentaires dans le futur.


Ménages

Contrairement aux Occidentaux, de nombreux jeunes célibataires dans la vingtaine ou la trentaine vivent toujours chez leurs parents. Leur revenu disponible est donc beaucoup plus élevé que s'ils vivaient seuls.

Depuis 1995, les ménages à trois sont plus populaires en Chine. Le nombre de ménages de quatre personnes ou plus a diminué, alors que les ménages d'une ou deux personnes ont augmenté de façon spectaculaire entre 1995 et 2007, soit de 95 % et 74 %, respectivement. Les jeunes célibataires ont tendance à vouloir aller gagner leur vie dans les grandes villes, alors que le mode de vie familial traditionnel est plus courant dans les régions rurales (Euromonitor, novembre 2008).

Ces changements dans la composition des ménages ont créé des débouchés pour les aliments haut de gamme, les produits axés sur le mode de vie, et des articles de luxe que les parents et leurs jeunes adultes ont davantage les moyens et la volonté d'acheter.

L'ère de l'informatique

La disponibilité accrue de différents produits axés sur le mode de vie influence les consommateurs. À la fin de 2007, on comptait en moyenne 95 réfrigérateurs, 153 fours à micro-ondes, 38 téléviseurs couleur, 91 téléphones, 165 téléphones mobiles et 54 ordinateurs par centaine de ménages (National Bureau of Statistics of China).

La portée grandissante des médias en ligne permet de sensibiliser les gens et de promouvoir de nouveaux produits alimentaires.

  • Le nombre de propriétaires d'ordinateur en Chine a considérablement augmenté, passant d'environ 10 pour cent des ménages urbains à 54 pour cent de 1990 à 2007.
  • Les utilisateurs d'Internet en Chine sont beaucoup plus nombreux qu'auparavant, passant de 1,7 % à 25,3 % de la population de 2000 à 2009 (Internet World Stats).
  • L'utilisation accrue d'Internet ne semble pas étrangère aux possibilités de vente en ligne. La boutique Taobao, genre de combinaison entre un eBay et un Amazon, est décrite par le New York Times comme « un bazar en ligne à croissance rapide ». Sa popularité et ses publicités gratuites ont contribué à la création de nouvelles boutiques en ligne (Barboza, 2009).
  • Au début de 2009, une étude à petite échelle de China Polling sur les biens de consommation courante (BCC) a révélé que seulement 2,5 % des internautes refusaient d'acheter des produits alimentaires en ligne, alors que 60,6 % des consommateurs achetaient fréquemment des produits en ligne ou étaient disposés à le faire dans le futur (Chou, 2009).
  • En 2008, un sondage mené auprès des consommateurs sur les médias en ligne, incluant la publicité, les articles sur les produits, les blogues et les forums, a révélé qu'Internet était de plus en plus utilisé comme outil de marketing. Concrètement, l'étude a démontré que les blogues et les forums en ligne étaient perçus comme étant plus crédibles que la publicité télévisée traditionnelle (Dixit, et al, McKinsey & Company, 2008).

La crédibilité sera un facteur important pour établir la notoriété d'une marque et promouvoir efficacement les caractéristiques et l'aspect sécuritaire des produits canadiens auprès des consommateurs chinois.


Santé et mode de vie

Les consommateurs chinois sont de mieux en mieux nantis, et cela se reflète à la fois dans leur mode de vie et leur alimentation. En 2007, la population de gens fortunés1 en Chine a crû de 20,3 %, ce qui représente le deuxième taux de croissance le plus élevé en Asie du Pacifique. L'Inde affichait le plus haut taux de croissance avec 22,7 %, suivie de près par la Corée du Sud au troisième rang avec 18,9 % (Merrill Lynch/Capgemini, 2008). La croissance rapide du niveau de richesse donne aux consommateurs les moyens, et souvent l'envie, d'acheter une grande variété d'aliments et d'articles de consommation. Il s'agit là d'un changement marqué par rapport à il y a quelques décennies seulement, quand la disponibilité et l'approvisionnement étaient contrôlés par le gouvernement.

Veeck et Veeck (2000) ont observé une hausse dans la consommation de plats cuisinés, particulièrement ceux de style occidental, incluant les plats non préparés à la maison et les produits transformés et préemballés à consommer à la maison. Il y a donc un potentiel pour les produits alimentaires offerts en plus petites portions, particulièrement ceux offrant commodité au consommateur.

Gale et Huang attribuent la croissance rapide des supermarchés, des dépanneurs et des restaurants au désir de commodité des consommateurs, ainsi qu'à une préférence accrue pour la qualité par rapport à la quantité.

1 Selon la définition de Capgemini, les gens fortunés (high net worth individuals ou HWNI) sont ceux qui détiennent au moins 1 million $ US en actifs financiers, alors que les « ultra-HWNI », ou gens très fortunés, détiennent au moins 30 millions $ US sans compter les résidences principales, les objets de collection, les biens durables et non durables.

L'utilisation accrue des réfrigérateurs et des fours à micro-ondes, et la popularité croissante de marques alimentaires internationales comme Kraft et Nestlé, dénotent un potentiel d'acceptation de plus en plus grand du prêt-à-servir. Les réfrigérateurs et les fours à micro-ondes facilitent le stockage et la préparation de plats cuisinés congelés ou prêts-à-manger.

Comme dans les pays développés, la richesse croissante de la population chinoise, jumelée à la disponibilité accrue des repas-minute, semble entraîner une hausse des taux d'obésité et de surpoids (Zhang et al, 2008). Aujourd'hui, près d'un enfant sur cinq âgé de moins de sept ans a un surplus de poids, et plus de 7 % sont obèses. Chez les adultes, plus de 25 % ont un surplus de poids ou sont obèses (AFP, mai 2008; Hepeng, juillet 2008), comparativement à 7 % au début des années 1990, comme l'indiquent les « Sondages chinois sur la santé et la nutrition » de 1993 (cité par Youfa Wang, International Journal of Epidemiology 2001;30 : 1129-1136).

L'idéal de prospérité et de richesse ancré dans la tradition chinoise est associé à un physique rondelet. Dans les temps anciens, la seule façon d'avoir un tel physique était de manger abondamment, ce qui nécessitait un revenu suffisant. Au grand dam des « petits empereurs » et des « petites impératrices » (voir la section sur ce sujet à la page 10), plusieurs représentants de la génération de leurs grands-parents ont toujours cette croyance. Par conséquent, certains enfants mangent beaucoup plus que ce qu'ils auraient consommé auparavant.

La croissance du taux d'obésité ne peut être attribuée uniquement à la plus forte consommation de repas-minute de style occidental. Depuis le boum économique, les consommateurs chinois apprécient une plus grande variété d'aliments frais et d'aliments transformés d'origine nationale ou internationale. Aux changements dans l'alimentation traditionnelle, notamment la plus forte consommation de matières grasses, d'huiles et de produits de viande et la plus faible consommation de céréales, s'ajoutent un mode de vie de plus en plus sédentaire.

À long terme, l'obésité et la mauvaise alimentation feront pression sur le système de santé, alors que les problèmes de santé liés à l'obésité, comme l'hypertension, le diabète de type 2, augmentent chez la population vieillissante.

Cependant, les Chinois sont connus pour l'importance qu'ils accordent à la santé, et la population vieillissante tend à manger sainement. Depuis longtemps, les Chinois fondent leur régime alimentaire sur des ingrédients médicinaux visant à prévenir ou guérir les maladies et rester en bonne santé, mais les plats traditionnels requièrent un temps de préparation plus long. Vie moderne oblige, bon nombre de ménages n'ont pas le temps, ou ne prennent pas le temps, de cuisiner de tels repas. Les produits santé faciles et rapides à préparer seraient donc probablement bien accueillis par les consommateurs.

Informer les consommateurs sur les attributs spécifiques de nouveaux aliments ou ingrédients pourrait favoriser la création d'un marché pour des produits alimentaires haut de gamme adapté aux besoins du consommateur chinois soucieux de sa santé.


Économie

La Chine est l'une des économies qui affichent la croissance la plus rapide au monde. En juin 2009, la Banque mondiale a revu ses prévisions du mois de mars concernant la croissance du produit intérieur brut de la Chine, qui est passée de 6,5 % à 7,2 % (Banque mondiale, juin 2009).

Face au recul économique, le Conseil d'État chinois a approuvé un plan visant à investir quatre billions de yuans (environ 570 milliards $ US) dans l'infrastructure nationale et le bien-être collectif en 2009 et 2010 (Xinhuanet, novembre 2008). Annoncée en novembre 2008, cette mesure de stimulation a pour objectif de favoriser la stabilité financière du pays, la stabilité des marchés de capitaux et la croissance économique. Elle représente également la contribution du pays dans l'atténuation de la crise financière mondiale (Qin Gang, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, conférence de presse, 11 novembre 2008).

Le plan de stimulation économique permettra de financer des programmes dans dix secteurs majeurs, soit le logement, l'infrastructure rurale, l'eau, l'électricité, les transports, l'environnement, la santé, l'éducation, le secteur industriel et la reprise après sinistre (séisme du 12 mai), en plus de réduire les taxes et d'assouplir les modalités de crédit (Xinhuanet, novembre 2008; China Economic Net, novembre 2008).

Selon les prévisions, la croissance continue de l'économie chinoise se traduira par un pouvoir d'achat de plus en plus fort chez les consommateurs. A.T. Kearney (2007) estime que la classe moyenne en développement dépense de plus en plus en nourriture, alors que les ventes annuelles de produits alimentaires de marque devraient passer de 150 à 650 milliards $ US d'ici 2017. Cette croissance devrait s'observer dans des secteurs traditionnels comme les produits de boulangerie, les boissons non alcoolisées, la restauration-minute et l'alcool. Elle sera également favorisée par la création de nouveaux secteurs qui concentreront leurs activités dans les grands établissements de vente au détail, plutôt que dans les marchés locaux et les points de vente de taille modeste. Des occasions s'offriront alors aux fabricants et aux détaillants.


Contexte politique

Pour tenter de resserrer les normes de qualité et de sécurité à la suite des récents problèmes de salubrité alimentaire, le Bureau de l'information du Conseil d'État a publié, en 2007, un livre blanc intitulé « The Quality and Safety of Food in China » (Qualité et salubrité des aliments en Chine). Ce document dresse un aperçu des initiatives actuelles visant à assurer la qualité et la salubrité des aliments destinés aux consommateurs chinois et internationaux.

La nature de l'approvisionnement alimentaire évolue. Dans la passé, les aliments et leur distribution faisaient l'objet d'une rigoureuse planification centralisée. De nos jours, l'approvisionnement alimentaire est influencé par « la volonté des marchés et des entreprises privées de satisfaire les goûts de plus en plus raffinés des consommateurs chinois » (Gale, juin 2003).

En 1992, le « Centre de développement des aliments écologiques de Chine » a été fondé en tant qu'organisme spécialisé du ministère de l'Agriculture pour surveiller le développement et la production d'aliments « écologiques » à l'échelle nationale.

Les aliments écologiques incluent les produits comestibles et les marchandises transformées. La production, la transformation, l'emballage, le stockage et le transport de ces produits sont contrôlés et réglementés de façon rigoureuse.

Le programme sur les aliments écologiques est un premier pas dans l'évolution des pratiques agricoles biologiques en Chine. Les produits qui en résultent sont salubres, de bonne qualité et ont été fabriqués de manière durable, sans pollution.

Ces produits sont identifiés par un logo géré par la Loi sur les marques de commerce de la République populaire de Chine (Centre de développement des aliments écologiques de Chine).


CONSOMMATION ET DÉPENSES

Le consommateur chinois d'aujourd'hui connaît davantage les tendances et les nouveaux produits et est plus ouvert aux nouvelles expériences. Une étude de Datamonitor a révélé que 83 % des consommateurs chinois sont d'avis qu'il est important de découvrir de nouvelles sources de stimulation et de nouvelles sensations dans la vie en général, comparativement à la moyenne mondiale de 64 %. De plus, 44 % des Chinois avaient déjà essayé des aliments et des boissons aux saveurs nouvelles et exotiques dans les six mois précédant l'étude, alors qu'à l'échelle mondiale ce pourcentage était de 30 % (Datamonitor, DMCM4693, juillet 2009).

Les consommateurs des catégories de revenu les plus élevées sont disposés à payer plus cher pour des produits de qualité supérieure. La classe moyenne en développement et la classe supérieure constituent donc un marché potentiel pour les produits alimentaires haut de gamme. Selon Datamonitor, dans les six mois précédant le sondage, 67 % des répondants ont acheté des aliments et des boissons de qualité plus élevée que ce qu'ils ont l'habitude d'acheter. Ce changement dans les habitudes d'achat d'aliments et de boissons laisse entrevoir de bonnes perspectives de croissance pour ce genre de produits.

Les Chinoises représentent un groupe démographique important en ce qui a trait à la consommation alimentaire. Selon les estimations, les femmes du pays détiennent environ 60 % du pouvoir d'achat et déterminent 78 % des achats quotidiens dans les ménages (Zamchek, 2008). Les consommatrices influencent les achats dans leur propre foyer, mais aussi dans celui de leurs parents quand elles habitent la même maison ou le même quartier (Rein, 2009).

Conscientes de la situation économique, les Chinoises sont de plus en plus sélectives. Elles limitent les achats impulsifs et font davantage de recherche Ŕ en ligne souvent - sur les produits avant d'acheter. Comme le fait remarquer Rein, le China Market Research Group a découvert que certaines consomma-trices qui ont des enfants sont prêtes à payer 20 % plus cher pour des produits alimentaires, des vêtements et des accessoires d'hygiène pour leur bébé si elles ont pleinement confiance que ces produits sont sécuritaires. On estime que 83 % des consommateurs chinois de la classe moyenne sont prêts à payer plus cher pour des produits alimentaires sécuritaires (A.T. Kearney). De plus, les consommateurs ont indiqué qu'ils faisaient davantage confiance aux marques étrangères qu'aux marques nationales, puisque les entreprises étrangères sont perçues comme étant mieux disposées à soigner le processus de production et de contrôle de la qualité (Rein, 2009).


Petits empereurs et petites impératrices

La pauvreté à grande échelle qui prévalait dans le passé contraste vivement avec le nombre croissant de personnes à revenu élevé que l'on observe en Chine de nos jours. Ces consommateurs ont les moyens et la volonté de se procurer les meilleurs aliments et biens de consommation. En outre, les parents sont de plus en plus en mesure de gâter leurs enfants avec une grande variété de produits de haute qualité et en grandes quantités. Grâce à l'amélioration rapide de l'économie, cette situation a donné naissance à une génération d'enfants uniques choyés que les Chinois appellent communément « petits empereurs » et « petites impératrices » puisque leurs exigences ont une influence considérable sur le ménage.

La rigoureuse politique de planification familiale adoptée en Chine a eu une incidence sur la constitution des ménages. La structure familiale standard est souvent composée de quatre grands-parents, de deux parents et d'un enfant Ŕ autrement dit, plusieurs adultes prodiguant attention et biens de consommation à un seul et même enfant.

L'influence des « petits empereurs » et « petites impératrices » se reflète dans les habitudes d'achat des ménages modernes. Une tendance similaire s'observe dans de nombreux pays, mais en Chine elle est particulièrement marquée compte tenu de l'histoire du pays et de l'époque relativement récente où prévalaient famine et rationnement des vivres, qui a fait place à un boum économique au cours des dernières décennies.

The Nielsen Company a constaté que les valeurs des adolescents, tous pays confondus, sont sensiblement les mêmes en ce qui concerne le consommateurisme, le matérialisme, l'ouverture aux nouvelles idées et aux nouvelles cultures et les plaisirs de la vie, et la Chine ne fait pas exception (The Nielsen Company). En grandissant, les « petits empereurs et petites impératrices » forment un nouveau groupe de consommateurs. Ces préadolescents et jeunes adultes sont éduqués, de plus en plus avertis, et futés en technologie. Ils ont également les moyens financiers et la volonté de s'offrir de nouveaux produits et de tenter de nouvelles expériences. De plus en plus, ces consommateurs utilisent Internet et des appareils sans fil pour trouver de l'information sur un produit, des rabais et des coupons, ce qui ouvre la porte à des outils de marketing qui pourraient avoir davantage de résonance que les supports publicitaires traditionnels.

Cette jeune génération recherche des produits et des expériences gustatives empreints de nouveauté et d'originalité, de même que des produits alimentaires sains et abordables (Chandler, 2004; Zamchek, 2008).

De nos jours, les habitudes d'achat des jeunes femmes qui ont été de « petites impératrices » ont une plus grande influence que dans les générations passées.

Comme elles sont mieux éduquées, leur contribution au revenu du ménage est passée d'environ 20 % à 50 % des années 50 à aujourd'hui. De plus, comme elles sont les seules à prendre soin de leurs parents vieillissants, leur influence se reflète souvent dans les décisions d'achat de ces derniers, quand elles habitent la même maison ou le même quartier (Rein, 2009).


Aperçu des dépenses

  • En général, les résidents des régions urbaines ont un revenu disponible et un niveau de vie plus élevé et achètent davantage d'aliments emballés et d'aliments de marque (Centre de recherche Li & Fung, 2005).
  • Les changements dans le pouvoir d'achat des consommateurs ont été accompagnés de changements dans la consommation d'aliments de base traditionnels (céréales et huiles végétales). Le pourcentage du revenu dépensé en nourriture diminue avec l'augmentation du revenu des ménages. En moyenne, 36 % du revenu est dépensé en nourriture, cette proportion pouvant aller de 28 % pour la catégorie de revenu la plus élevée à 47 % pour la catégorie à plus faible revenu (Bureau national des statistiques de la Chine).
  • Les consommateurs chinois accordent beaucoup d'importance à la valeur, le rapport qualité-prix étant un facteur très important dans les décisions d'achat. Malgré l'augmentation des revenus et l'intérêt pour les produits haut de gamme, la qualité de ces produits doit en valoir le prix aux yeux des consommateurs (AP-Food Technology.com, avril 2004).
  • En 2008, les ventes d'aliments emballés ont enregistré une croissance considérable, soit 11 % en fonction des prix actuels. Les taux de croissance prévus pour les deux prochaines années sont de 14,5 % en 2009 et de 13,7 % en 2010 (Euromonitor).
  • La proportion du revenu dépensé en vêtements (10 %), en logement (10 %), en équipement ménager, articles et services (6 %), en soins de santé et services médicaux (7 %) et en biens et services divers (4 %) est relativement constante d'une catégorie de revenu à l'autre (graphique 1). En plus de la nourriture (36 %), les dépenses en transports et communications (14 %) ainsi qu'en services éducatifs, culturels et récréatifs (13 %), varient beaucoup plus en fonction du revenu et tendent à augmenter quand le revenu est plus élevé (graphique 2).

Graphique 1 : Dépenses annuelles moyennes par habitant dans les ménages urbains, 2007

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Description - Graphique 1

Graphique 1 : Dépenses annuelles moyennes par habitant dans les ménages urbains, 2007 - Beins et services divers 4%, Nourriture 36%, Vêtements 10%, Logement 10%, Équipement ménager, articles et services 6%, Soins de santé et services médicaux 7%, Transports et communications 14%, Services éducatifs, culturels et récréatifs 13%

Données : China Statistical Yearbook, 2008

Graphique 2 : Pourcentage des dépenses annuelles en nourriture par ménage urbain, 2007

Graphique 2: La description de cette image suit.
Description - Graphique 2

Graphique 2 : Pourcentage des dépenses annuelles en nourriture par ménage urbain, 2007 - Revenu le plus élevé (10e décile) 27.6%, Revenu élevé (9e décile) 33.1%, Revenu moyen-tranche supérieure (4e quintile) 36.6%, Revenu moyen (3e quintile) 38.9%, Revenu moyen-tranche inférieure (2e quintile) 41.3%, Revenu faible (2e décile) 43.5%, Pauvre (premiers 5 %) 48.5%, Revenu le plus faible (1er décile) 47.2%, Moyenne 36.3%

Données : China Statistical Yearbook,

  • La croissance économique rapide de la Chine, ses consommateurs de mieux en mieux nantis et l'urbanisation accrue du pays favorisent l'évolution des habitudes de consommation. Les habitudes alimentaires semblent se diversifier, ne se limitant plus aux aliments de base et incluant davantage de volaille, d'oeufs, de produits laitiers, de fruits, de légumes, de poisson, d'huiles et de matières grasses (graphiques 3 et 4) (Pingali, 2004; Gale, juin 2003).
  • Les consommateurs exigent une plus grande variété de produits alimentaires, davantage d'aliments transformés et d'aliments prêts-à-servir, et mangent plus souvent au restaurant.
  • Par conséquent, dans le secteur de l'alimentation de détail, les petits marchés agricoles traditionnels et les kiosques de rue cèdent graduellement la place à des « hypermarchés » modernes, des dépanneurs et des restaurants-minute (Gale, 2006).

Graphique 3 : Achats annuels de produits de base par habitant, par ménage urbain (kg), 1990

Graphique 3: La description de cette image suit.
Description - Graphique 3

Graphiques 3 : Achats annuels de produits de base par habitant, par ménage urbain (kg), 1990 - Légumes frais 24%, Huile végétale comestible 1%, Porc 3%, Boefu et viande de mouton 1%, Volaille 1%, Oeufs frais 1%, Lait 1%, Produits aquatiques 1%, Melons et fruits frais 7%, Céréales 23%

Données : China Statistical Yearbook, 2008

Graphique 4 : Achats annuels de produits de base par habitant, par ménage urbain (kg), 2007

Graphique 4 : La description de cette image suit.
Description - Graphique 4

Graphiques 4 : Achats annuels de produits de base par habitant, par ménage urbain (kg), 2007 - Légumes frais 30%, Huile végétale comestible 2%, Porc 5%, Boefu et viande de mouton 1%, Volaille 2%, Oeufs frais 3%, Lait 4%, Produits aquatiques 4%, Melons et fruits frais 15%, Céréales 19%

Données : China Statistical Yearbook, 2008

Selon une étude Datamonitor, les consommateurs chinois estiment qu'en achetant des produits alimentaires, il est important ou très important d'économiser, d'obtenir des prix plus bas et de porter attention à la qualité générale des produits. Toutefois, la qualité des produits est jugée plus importante que les bas prix ou le fait d'économiser (67 %, 46 % et 52 %, respectivement). Dans l'ensemble, les résultats mondiaux semblent accorder sensiblement la même importance à ces trois facteurs, quoique les bas prix, de façon générale, sont légèrement moins importants que le fait d'économiser ou d'acheter des produits de qualité (62 %, 73 % et 72 %, respectivement).

La qualité étant très importante aux yeux des consommateurs chinois, il est à remarquer que 89 % des répondants perçoivent l'accumulation de biens matériels ou de richesses comme étant importante ou très importante. Ces résultats contrastent largement avec le pourcentage mondial correspondant, qui est de 48 %. Après des années de famine et de rationnement, les biens matériels sont perçus comme la marque d'un statut social élevé et sont donc très convoités (Datamonitor, DMCM 4693, juillet 2009).

Influence de la marque

Les Chinois aiment les vêtements griffés, et l'importance de la marque se constate également dans leurs achats de produits alimentaires. Dans son rapport intitulé « Global Consumer Trends 2009: Sensory », Datamonitor a constaté que les consommateurs chinois, lorsqu'ils achètent des aliments ou des boissons, sont très influencés par leurs habitudes ou par le fait de préférer une marque à une autre. La fidélité à la marque ou l'image de marque a obtenu un pointage beaucoup plus élevé (4e rang sur les 14 facteurs évalués) que la moyenne mondiale (12e rang).

L'influence de l'habitude se constate également dans le choix du point de vente. La majorité des consommateurs qui ont participé à l'étude ont indiqué que l'habitude jouait un rôle important dans leur choix de magasin d'alimentation Ŕ 84 % ont affirmé que l'habitude influençait moyennement ou considérablement leur choix.

Après des efforts soutenus, les entreprises alimentaires internationales telles que Kraft, Heinz et Nestlé ont percé avec succès le marché chinois. Ces grandes marques sont bien connues des Occidentaux, mais la conquête du marché chinois s'est avérée difficile à cause de la loyauté des consommateurs envers les marques nationales. Toutefois, certaines d'entre elles ont fait l'objet de problèmes de qualité et de salubrité par le passé, et les Chinois sont maintenant plus enclins à acheter des produits importés, qui sont perçus comme étant plus sécuritaires et de meilleure qualité.

Bien que les consommateurs chinois accueillent favorablement les produits de marque étrangère, la situation n'est pas la même pour les produits de marque maison. Une étude de la Nielsen Company a démontré que huit des dix principaux marchés pour les produits de marque maison étaient des pays asiatiques. Les consommateurs interrogés dans ces pays étaient moins portés à affirmer que les marques « de supermarché » étaient de bonnes alternatives aux autres marques. Appuyées par de vastes campagnes publicitaires, les grandes marques locales et multinationales reconnues ont réussi à se tailler une place chez le consommateur chinois. Ce n'est cependant pas le cas des marques maison, dont les consommateurs semblent douter de la qualité, de la salubrité et du rapport qualité-prix. Éduquer les consommateurs, notamment par le biais de publicités insistant sur la qualité et l'aspect sécuritaire des produits de marque maison, pourrait favoriser l'acceptation de ces produits et stimuler les ventes.

Une question de goût

Il est important de noter que les produits alimentaires qui sont populaires dans les pays occidentaux ne seront pas nécessairement acceptés immédiatement en Chine puisqu'il y a de grandes différences entre les goûts des Chinois et ceux des Nord-Américains. Bien que les saveurs et les ali-ments familiers soient plus facilement acceptés, des percées ont été faites à l'aide de campagnes d'éducation, de dégustations et d'échantillons (Sánchez, Lei, Han, et Chandlee, 2009; Marr et Hatfield, 2004).

Par exemple, selon le Wall Street Journal, les biscuits Oreo sont les plus vendus aux États-Unis. Toutefois, l'introduction des biscuits Oreo en Chine n'a pas été un succès, alors que la plupart des consommateurs chinois ont trouvé trop sucrée cette saveur si familière pour les Nord-Américains. Après en avoir modifié les ingrédients, Kraft a déployé une campagne de marketing proposant aux consommateurs un concept de jumelage de biscuits et de lait. Des échantillons étaient également distribués par des étudiants en vélo, ou lors de joutes de basketball à thématique « Oreo » (Jargon, mai 2008).

Achats de produits d'épicerie

Des marchés traditionnels de produits frais aux hypermarchés, l'expérience d'achat a évolué en Chine de façon spectaculaire ces dernières décennies. À l'époque où les réfrigérateurs n'étaient pas disponibles à grande échelle, les gens achetaient leurs aliments plus d'une fois dans une même journée, un repas à la fois. De nos jours, les consommateurs accordent toujours autant d'importance à la fraîcheur et à la qualité des ingrédients, souvent achetés tout près du lieu de résidence dans divers marchés d'agriculteurs, marchés traditionnels de produits frais, marchés ambulants et épiceries. La plupart du temps, les repas sont préparés avec les produits frais achetés le jour même.

Comme en Occident, les hypermarchés font maintenant leur apparition sur le marché de détail chinois. L'hypermarché est un point de vente de très grande dimension ayant à la fois les caractéristiques d'un supermarché et d'un magasin à rayons.

L'attrait des hypermarchés est attribuable aux bas prix, à la commodité de pouvoir tout acheter à un seul endroit, à la facilité d'accès et à l'intégration d'autres commerces de détail comme des restaurants, des cinémas et des cafés. Tous ces éléments réunis transforment les courses en une véritable excursion d'une journée. Selon TNS China, les consommateurs de la classe moyenne de Chine visitent les hypermarchés environ tous les dix jours. À la mi-année 2007, les hypermarchés représentaient plus de 45 % de la valeur des ventes du secteur de l'alimentation de Shanghai, et TNS China prévoit que d'ici la fin de la décennie, la part des hypermarchés dans le secteur chinois de l'alimentation augmentera à 35 % alors qu'elle était de 19,7 % en 2001 (TNS China, septembre 2007).

Certaines chaînes de magasins étrangères telles que Tesco, Wal-Mart, Carrefour et Metro sont maintenant bien établies en Chine. Par exemple, le 9 juillet 2009, Carrefour China a ouvert son 138e hypermarché Carrefour à Kunming City (Carrefour China). Les chaînes de supermarchés nationales telles que Lianhua, Hualian et Wumart sont aussi bien connues. Néanmoins, la majorité des gens continuent d'acheter des produits alimentaires dans des magasins locaux et des marchés traditionnels en plein air, particulièrement dans les régions rurales, où il n'y a pas de supermarchés (Tesco; AgrifoodAsia; Williams, 2007).

L'un des plus grands défis en matière de distribution alimentaire en Chine est l'infrastructure. Le nombre insuffisant d'installations frigorifiques et de moyens de transport à température contrôlée limi-tent la disponibilité de produits alimentaires congelés et périssables dans les points de vente au détail. Les réfrigérateurs sont de plus en plus utilisés, maisla capacité des consommateurs à acheter et à stocker des aliments congelés périssables est toujours aussi limitée, en raison des coûts de ces produits et d'un approvisionnement en électricité plus ou moins fiable (Gale, 2002).


Qu'est-ce qu'un marché traditionnel de produits frais?

Les marchés traditionnels de produits frais (en anglais « wet market ») sont des marchés locaux qui vendent leur marchandise en plein air. L'appellation anglaise fait probablement référence au plancher de l'établissement, souvent mouillé à cause des aliments échappés pendant le processus de vente ou de transport, qu'on nettoie en les vaporisant d'eau. En plus des fruits et légumes frais provenant des fermes locales, on y trouve généralement de la viande, des oeufs, du tofu, des céréales, des radis marinés, des épices, ainsi que des poissons et des volailles vivants.

Les aliments sont vendus dans une série d'éventaires et, généralement, proviennent directement de la ferme ou du boucher. La fraîcheur est le critère le plus important pour la plupart des consommateurs chinois et certains produits désignés comme étant « vivants » sont souvent un gage de fraîcheur. Les clients sont également attirés vers ces marchés pour leur grande variété de fruits et de légumes frais. Les marchés traditionnels de produits frais sont, en outre, une occasion de socialiser. Les gens s'y réunissent pour bavarder et connaître les actualités locales. Les marchands sont toujours prêts à donner des conseils sur la façon d'apprêter les aliments ou à suggérer des produits en se basant sur les achats antérieurs du client (Urbanatomy.com; Bean, 2006).

Pour les petits achats, les dépanneurs sont toujours populaires auprès de nombreux de consommateurs chinois, qui apprécient leurs heures d'ouverture prolongées ainsi que leur emplacement, à proximité des zones résidentielles. Les clients y recherchent notamment des aliments à grignoter, des boissons, des plats prêts-à-servir, des boîtes-repas, de même qu'une grande variété d'aliments frais et emballés (Centre de recherche Li & Fung).


Goûts et préférences des consommateurs

Un poème chinois fréquemment cité, traduit littéralement, va comme suit :

Naître à Suzhou
Vivre à Hangzhou
Manger à Guangzhou
Mourir à Liuzhou.

Au sens général, ce précepte reflète un idéal de vie très répandu en Chine. La ville de Suzhou est reconnue pour la beauté physique de ses citoyens, Hangzhou est l'une des plus belles villes de Chine, Guangzhou est reconnue aux quatre coins du monde pour sa cuisine cantonaise, et Liuzhou est réputée pour la fine qualité de ses cercueils de bois, qui, selon les croyances populaires chinoises, préservent le corps après la mort.

Comme le suggère ce poème, l'alimentation joue un rôle important dans la culture chinoise. Le consommateur peut voir sous un tout nouveau jour le plat le plus élémentaire si l'on y ajoute des ingrédients de qualité supérieure qui ne font pas partie de son quotidien.

Grandes occasions

Lors des grandes occasions, les plats servis pendant un repas ou les ingrédients utilisés revêtent souvent une signification particulière, de par le jeu de mots qui les désigne ou leur caractère symbolique. Par exemple, le repas du Nouvel An inclut généralement un plat contenant un type de varech appelé « fa cai » ou « Black Moss ». « Fa cai » évoque le voeu de chance et de prospérité que s'échangent les Chinois à l'occasion du Nouvel An, « Gong Xi Fa Cai ». Le repas du Nouvel An peut aussi comprendre un poisson entier, symbole de prospérité et d'abondance, ou encore des huîtres séchées, qui symbolisent la chance en affaires Ŕ tous des souhaits jugés essentiels pour la nouvelle année.

Dans certaines régions de la Chine, un goûter d'anniversaire ne serait pas complet sans un plat de longues nouilles, symbole d'une longue vie. Pour célébrer la naissance d'un enfant, on servira souvent des oeufs teints en rouge, les oeufs étant un symbole de fertilité et le rouge évoquant la chance et le bonheur.

Les restaurants de fine cuisine nomment souvent leurs plats en l'honneur d'un lieu ou d'un événement, ou de façon à évoquer un symbole de chance et de santé. Peking Duck est réputé mondialement et Ma Po Tofu a bénéficié d'une visibilité internationale grâce à la série télévisée japonaise « Iron Chef ». Le nom d'un autre plat chinois populaire signifie littéralement « Buddha saute le mur ». Selon les croyances populaires, ce plat a été baptisé ainsi parce que son arôme était si irrésistible que Buddha ne pouvait s'empêcher de sauter un mur pour découvrir de quel plat il s'agissait.

Cuisine chinoise

La croyance chinoise repose sur un principe d'équilibre Ŕ entre le yin et le yang, l'ombre et la lumière, le chaud et le froid. Comme ce principe s'applique à la vie quotidienne et à la santé en général, il s'applique également à la cuisine chinoise, que l'on efforce d'équilibrer le mieux possible.

Par exemple, Guangzhou, ville de la cuisine cantonaise, est située dans une région chaude du pays. Pour cette raison, la cuisine cantonaise n'est pas excessivement « yang » ou « chaude » pour ne pas perturber l'équilibre délicat de l'organisme. Les plats sont généralement plus légers au goût et moins riches à l'été et à l'automne, quand le climat est plus chaud, et un peu plus riches à l'hiver et au

printemps quand les températures sont fraîches. Quant aux aliments épicés, ils sont consommés couramment dans le nord et l'ouest du pays où le froid, l'humidité et la haute altitude commandent une cuisine plus chaleureuse.

L'alimentation dans les différentes régions dépend principalement des produits agricoles disponibles. Comme le riz est très cultivé dans les régions du sud, le riz, le congee (gruau de riz) et les nouilles au riz sont les principaux aliments de base dans le sud et l'est du pays. Dans les régions du nord, en général, le blé est davantage disponible et il est consommé sous forme de nouilles, de man tao (petits pains) et de boulettes de pâte.

La cuisine chinoise se caractérise habituellement par huit régions distinctes réparties dans quatre zones géographiques : Shandong, Sichuan, Guangdong, Fujian, Jiangsu, Zhejiang, Hunan et Anhui. Parfois, les cuisines de Shanghai et de Beijing sont mentionnées lorsqu'on parle de la cuisine chinoise en général. Voici un résumé des caractéristiques des différentes cuisines de ces régions (China Guide, Travelchinaguide) :

Cuisine du Guangdong (cantonaise)

  • La cuisine cantonaise utilise une grande variété d'ingrédients frais grâce au climat tempéré du Guangdong. Des produits frais sont disponibles à longueur d'année et l'emplacement de cette province, sur la côte sud de la Chine, donne accès à une grande variété de poissons, mollusques et crustacés.
  • Chaque plat se distingue par sa fraîcheur, sa tendreté, ses textures légères et croustillantes et ses saveurs naturelles.
  • Le rôtissage, la cuisson sautée, la grande friture, le braisage, la cuisson à l'étuvée et la cuisson à la vapeur sont les principaux modes de cuisson. La cuisson sautée et la cuisson à la vapeur sont les techniques les plus courantes afin de préserver la saveur naturelle des ingrédients.

Cuisine sichuanaise

  • La cuisine sichuanaise est reconnue mondialement pour ses arômes épicés et pour la saveur du clavalier de Chine (poivre sichuanais). La saveur épicée distinctive des plats sichuanais tient à un généreux mélange de piments rouges, de piments forts et de sauces très relevées. L'ail, le gingembre et le soja fermenté sont aussi des assaisonnements populaires.
  • La friture, la friture sans huile, le marinage et le braisage sont parmi les principaux modes de cuisson utilisés.

Cuisine du Shandong

  • L'ail et l'échalote sont à l'origine des saveurs relevées qui caractérisent ces plats.
  • Les chefs cuisiniers de Jinan utilisent notamment des techniques de friture, de grillade, de cuisson à la poêle et de cuisson sautée, alors que ceux de la péninsule de Jiaodong privilégient des saveurs fraîches et légères, particulièrement pour les plats de fruits de mer.
  • La cuisine du Shandong est une cuisine propre, pure et non graisseuse qui met l'accent sur l'arôme, la fraîcheur, les textures tendres et croustillantes.

Cuisine du Hunan

  • Cette cuisine utilise beaucoup d'huiles et de couleurs vives assorties de textures tendres et croustillantes.
  • La cuisine du Hunan est reconnue pour ses mets à saveur prononcée, piquante et salée, et pour son utilisation de piments rouges, de poivre et d'échalotes.
  • Le chou et le poulet sont très consommés.

Cuisine du Jiangsu

  • Les influences de Yangzhou, Suzhou et Nanjing se constatent dans cette cuisine.
  • La cuisine du Jiangsu se caractérise par ses mets de poisson frais et de crustacés.
  • Le braisage et la cuisson à l'étuvée sont les principales techniques de cuisson utilisées. Les chefs cuisiniers du Jiangsu sont reconnus pour leurs fines techniques de découpage, particulièrement en ce qui a trait à la sculpture sur melon.

Cuisine du Zhejiang

  • La cuisine du Zhejiang reflète les influences de ses grandes villes, notamment Ningbo pour sa douceur et son originalité et Hangzhou pour son habitude de nommer les plats en l'honneur de lieux reconnus pour leur beauté.
  • De multiples techniques de cuisson sont utilisées, notamment la friture, la cuisson sautée, le braisage et la cuisson à la vapeur. Les plats ne sont pas gras et sont connus pour leur fraîcheur, leur tendreté, leur douceur et leur arôme velouté.

Cuisine du Fujian

  • La cuisine du Fujian se caractérise par ses fines techniques de découpage, ses mets servis dans des soupes, ses assaisonnements uniques et la préparation minutieuse de ses plats (What's On Xiamen, 2008).
  • La cuisine du Fujian est une combinaison des cuisines de Fuzhou, Quanzhou et Xiamen. Elle est connue pour ses fruits de mer, ses couleurs et ses jumelages de saveurs sucrées, amères et salées, de même que pour son « goût mariné » distinctif.

Cuisine de l'Anhui

  • Les saveurs typiques de Huizhou et des régions longeant les fleuves Yangtze et Huai sont les principales influences de cette cuisine.
  • Le braisage et la cuisson à l'étuvée sont préférés à la friture.
  • Le jambon est un assaisonnement populaire et on ajoute souvent du sucre confit pour plus de fraîcheur.

L'alimentation végétarienne joue un rôle très important dans la culture alimentaire chinoise. Le bouddhisme et le taoïsme, deux religions ancrées dans la tradition du pays, ont une influence considérable à ce chapitre. Le riz, les nouilles et les légumes conviennent particulièrement bien aux repas sans viande. Ironiquement, bon nombre de plats végétariens populaires sont préparés avec des morceaux de gluten qui ressemblent à de la viande et ont un goût semblable. En outre, la cuisine végétarienne chinoise est souvent composée de légumes, de fruits, de champignons comestibles et de produits à base de fèves.

D'autres groupes religieux en Chine adoptent des régimes alimentaires restrictifs. Les Chinois musulmans de l'ouest et du nord du pays ont développé une cuisine unique privilégiant le pain et les nouilles plutôt que le riz. Bien que le porc soit interdit pour des motifs religieux, l'agneau est fréquemment consommé sous forme de bouilli instantané, de bouchées frites et en accompagnement dans des plats de riz frit (Ambassade).

Manger sainement

La santé est depuis longtemps un facteur important dans la cuisine chinoise. La cuisine médicinale chinoise ou « alimentation thérapeutique » est une tradition de longue date qui consiste à préparer des aliments avec des ingrédients médicinaux, conformément aux théories de la médecine chinoise. Ces plats sont consommés à des fins thérapeutiques ou dans l'espoir qu'elle aidera à prévenir ou à guérir des maladies. Les thérapies alimentaires ont été élaborées par de grands chefs au fil des années, en jumelant les techniques de cuisson de base à des ingrédients médicinaux chinois traditionnels. Les soupes permettant de traiter le rhume ou la fièvre sont un exemple de thérapie adoptée par plusieurs autres cultures (TravelChinaGuide.com). La soupe de poulet comme remède de grand-mère est connue de tous à l'échelle mondiale, ne serait-ce que de façon anecdotique. Certains des ingrédients les plus utilisés dans la cuisine médicinale chinoise gagnent en popularité dans d'autres parties du monde, notamment les baies goji, le ginseng, les noix gingko et le tofu.

Conformément aux principes de l'alimentation thérapeutique, certains Chinois consomment des aliments auxquels ils associent des objectifs spécifiques de santé et de bien-être. Les femmes, particulièrement à Shanghai, connaissent les bienfaits réputés de certains aliments. Voici quelques objectifs de santé que l'on associe couramment aux choix alimentaires :

  • avoir une peau saine en la nettoyant et en la désintoxiquant;
  • réguler la digestion;
  • améliorer l'apparence générale;
  • réguler les cycles hormonaux (Zamchek, 2008).
Repas

Les repas sont souvent de style « familial ». Ils sont placés au centre de la table et c'est à chacun de se servir. Le riz blanc vapeur est souvent le principal aliment de base qui accompagne les autres plats. Le riz absorbe les sauces des différents plats, ce qui rend le repas encore plus savoureux.

Autrefois, quand le pays était en proie à la famine et aux pénuries de vivres, le riz était souvent le seul aliment disponible. Les gens pauvres ne pouvaient pas s'acheter de viande ou de légumes et mangeaient du riz pour satisfaire leur appétit, s'ils en avaient les moyens. Seuls les gens riches pouvaient ajouter de la viande et des légumes à leurs plats de riz. En mémoire de ces temps difficiles, certaines personnes ont adopté un rituel qui consiste à ajouter un petit morceau de viande ou de légume dans leur riz vapeur. Ce geste symbolique suggère qu'il y aura toujours suffisamment de nourriture pour assortir le riz d'un plat d'accompagnement.

En ce qui concerne les ingrédients, les statistiques indiquent que les achats de céréales et de légumes frais ont diminué dans l'ensemble du pays entre 1990 et 2007 (graphique 5). Les achats de fruits et de légumes frais dans les ménages urbains ont toutefois augmenté pendant cette même période (Curtis, McCluskey, et Wahl, 2007).

Graphique 5 : Achats annuels de céréales et de légumes frais (kg) par habitant, 1990 et 2007

Graphique 5 : La description de cette image suit.
Description - Graphique 5

Graphique 5 : Achats annuels de céréales et de légumes frais (kg) par habitant, 1990 et 2007 - Céréales (1990) 130.72, Céréales (2007) 77.60, Légumes frais (1990) 138.70, Légumes frais (2007) 117.80

Données : China Statistical Yearbook, 2008

Gale et Huang ont également découvert que la consommation de viande, de volaille, de poisson, de produits laitiers et de fruits a augmenté proportionnellement à la hausse des revenus, alors que la consommation de produits céréaliers traditionnels est demeurée stable ou a diminué (graphique 6). En ce qui concerne les viandes, la demande a augmenté jusqu'à un point où elle est demeurée relativement stable. Cette situation est probablement attribuable à la demande en produits haut de gamme, qui sont plus chers et de meilleure qualité, et non à une demande plus élevée en termes de quantité. C'est le cas des catégories de revenu les plus élevées, mais on a constaté une hausse correspondante dans les achats de viande, de produits laitiers et de bière chez les consommateurs des catégories inférieures (Gale et Huang, 2007).

Graphique 6 : Achats annuels de produits sélectionnés (kg) par habitant, 1990 et 2007

Graphique 6: La description de cette image suit.
Description - Graphique 6

Figure 6: Annual Per-capita Purchases of Selected Products (kg), 1990 and 2007 - Céréales 130.72(1990) 77.60(2007), Légumes 138.70(1990) 117.80(2007), Huille végétale comestible 6.40(1990) 9.63(2007), Porc 18.46(1990) 18.21(2007), boeuf et mouton 3.28(1990) 3.93(2007), Volaille 3.42(1990) 9.66(2007), Oeufs 7.25(1990) 10.33(2007), Produits aquatiques 7.69(1990) 14.20(2007), Lait 4.63(1990) 17.75(2007), Melons et fruits 41.11(1990) 59.54(2007)

Données : China Statistical Yearbook, 2008


TENDANCES


Aliments de grignotage

  • Tel qu'observé par Marr et Hatfield (2004), les collations ont considérablement gagné en popularité. Les gens sautent rarement un repas et les collations sont souvent consommées de façon impulsive. Les collations Shanghai, qui est réputée pour sa plus forte densité de dépanneurs à l'échelle mondiale, soit un dépanneur « 24 heures » par 2 600 résidents, comparativement à un par 3 045 habitants au Japon et à un par 2 940 habitants aux États-Unis (Zamchek, 2008). À Shanghai seulement, les consommateurs dépensent environ 9 % de leur budget d'épicerie en aliments de grignotage (Marr et Hatfield, 2004).
  • Les collations de style occidental sont de plus en plus populaires. Différents produits, notamment les Hershey's Kisses, les croustilles Pringles, le chocolat Cadbury et la gomme à mâcher Wrigley, ont conquis les consommateurs chinois, mais les collations basées sur des préférences culturelles sont acceptées plus facilement. On trouve notamment les collations à saveur de crevette, de porc ou de poulet, les prunes séchées, les seiches et crevettes séchées, les fruits séchés et en conserve, les viandes séchées, les graines, les noix et les graines, et les craquelins aux crevettes (Marr et Hatfield, 2004).
  • Comme pour les produits alimentaires haut de gamme, les habitants de Shanghai, en particulier, en veulent pour leur argent et préfèrent les marques bien connues et les petits emballages, sauf pour les produits of-ferts en cadeau (Marr et Hatfield, 2004). En outre, les collations santé sont de plus en plus en demande, comme c'est le cas pour tous les autres types d'aliments.

Restauration

  • Dans la Chine urbaine, le nombre élevé de petits restaurants et de kiosques alimentaires de rue indique que les consommateurs aiment manger dans les restaurants. On estime que les Chinois mangent au moins un repas sur trois ailleurs que chez eux.
  • Selon un rapport de Beijing Zikoo Consulting publié en 2007 et cité par China International Business, le chiffre d'affaires du secteur des aliments et des boissons a dépassé les 1,2 billions de RMB (175 milliards $ US) en 2007, et les ventes des restaurants affichent un pourcentage de croissance dans les deux chiffres pour la période de 1991 à 2007, principalement du côté des chaînes de restauration étrangères.
  • Alors que les plus grandes chaînes de restauration internationales – McDonald's, PFK et Pizza Hut – ont une bonne visibilité en Chine, il semble y avoir une hausse de la demande en restaurants-minute d'origine nationale. Le rapport du premier trimestre de 2009 d'Yum Brands fait état d'une croissance internationale de 256 nouveaux restaurants, dont 98 en Chine continentale, un nombre record. Yum Brands est la société mère de PFK et de Pizza Hut en Chine (Yum Brands, avril 2009).
  • Les chaînes étrangères de restauration-minute rivalisent en incluant des plats adaptés aux différents pays dans leurs menus, par exemple le « Shao-bing » de PFK (crêpes à la chinoise) (China Economic Net, juin 2009; Chaney, 2008). En 1975, l'investissement de PFK à Hong Kong avait échoué puisque le marché avait été mal évalué. Depuis, PFK déploie beaucoup d'efforts pour créer des produits qui correspondent mieux aux goûts des consommateurs chinois, comme le congee (gruau de riz) pour le petit-déjeuner, le rouleau de poulet « Beijing » servi avec des oignons verts et de la sauce à fruit de mer, et le poulet épicé en dés qui ressemble à un plat populaire à la sichuanaise (ChinaDaily.com, 30 juin 2008; Cho, juillet 2009).
  • Bien que les restaurateurs nationaux réussissent plutôt bien à offrir des aliments adaptés aux préférences locales en reprenant les concepts des restaurants-minute étrangers, le vice-président de la China Cuisine Association indique qu'aucune chaîne n'est en mesure de rivaliser sur le plan international. La diversité des préférences régionales est un défi de taille pour tout entrepreneur en restauration. Tel que mentionné plus tôt, les cuisines varient largement d'une région à l'autre, et les menus gagnants, en principe, sont ceux qui peuvent satisfaire les goûts propres aux différentes régions. Toutefois, ce défi pourrait devenir moins difficile à relever à mesure que la mobilité et le niveau de vie continueront de s'améliorer (Chao et Ding, août 2008).

Aliments écologiques, aliments sans risque et produits biologiques

  • La Chine a établi trois catégories de certification pour ses produits alimentaires à étiquetage écologique : les aliments écologiques, les aliments sans risque et les produits biologiques. Les aliments écologiques et aliments sans risque sont certifiés en vertu des normes du gouvernement chinois, et les produits biologiques en vertu des normes internationales. La catégorie des aliments écologiques, qui est apparue bien avant les aliments certifiés biologiques, est plus familière et plus compréhensible pour les consommateurs chinois.
  • Le livre blanc sur la qualité et la salubrité des aliments en Chine indique que le pays a développé pas moins de 28 600 types de produits agricoles sans risque et qu'il compte, à ce jour, 24 600 bases de production dans cette catégorie. En outre, 2 675 entreprises de production alimentaire ont obtenu la certification HACCP (analyse des risques et maîtrise des points critiques).
  • La norme biologique chinoise est considérée comme l'une des plus rigoureuses au monde (IFOAM, études de cas sur la Chine). Le Centre de développement des aliments biologiques de Chine (OFCD) de l'Administration d'État pour la protection de l'environnement de la Chine (SEPA) a été établi en 1994 et est le seul organisme de certification biologique de Chine accrédité par la Fédération internationale des mouvements d'agriculture biologique et par la norme ISO65 (OFDC, SEPA).
  • Le secteur biologique de la Chine a crû rapidement ces dix dernières années. En 2006, la Chine était le deuxième pays possédant le plus grand nombre d'hectares de terres cultivant des aliments biologiques, soit 2,3 millions d'hectares, ce qui représente 0,4 % de l'ensemble de la zone agricole. Cette croissance est en partie attribuable à la disponibilité toujours plus grande des produits biologiques et à la conscientisation des consommateurs (The World of Organic Agriculture: Statistics & Emerging Trends 2008).
  • Le marché chinois des produits biologiques est petit comparativement à la taille globale de la population chinoise, mais l'intérêt et la demande des consommateurs augmentent constamment depuis que le pays a dû faire face à certains problèmes de qualité et de salubrité dans un passé récent, notamment :
    • Contamination à la mélamine du gluten de blé utilisé dans les aliments pour animaux de compagnie, les produits laitiers, les aliments pour bébé et les oeufs (provenant de poules nourries de moulée contaminée);
    • Réutilisation des stocks invendus de l'année précédente pour les garnitures de gâteaux de lune (China Daily/China Economic.Net, octobre 2003)
    • Organes de porc contaminés au clenbuterol, un accélérateur métabolique interdit, utilisé illégalement pour élever des animaux plus charnus offrant une viande plus maigre (Wines, février 2009);
    • Le vert malachite, un produit chimique servant principalement de teinture, utilisé comme topique antiseptique ou comme traitement antiparasitaire chez le poisson (Barboza, juin 2007).
  • Les résultats du rapport « Green–National Geographic Greendex 2009: Consumer Choice and the Environment » fournissent des précisions sur la demande en aliments écologiques et en produits biologiques.
    • Les pays sont classés selon l'aspect écologique du mode de vie de leurs consommateurs, notamment en fonction des critères suivants :
      • Les gens utilisent des méthodes d'économie d'énergie, comme ajuster les réglages des thermostats, minimiser l'utilisation d'eau potable et faire la lessive à l'eau froide.
      • Ils marchent, utilisent un vélo, les transports en commun, ou habitent à proximité de leur destination habituelle.
      • Ils consomment la plus faible quantité de viandes et de fruits de mer.
      • Ils sont les plus nombreux à affirmer qu'ils achètent en tout temps des produits respectueux de l'environnement.
    • Aperçu des constatations :
      • Les consommateurs chinois sont parmi les plus enclins à affirmer qu'il faut se préoccuper des problèmes environnementaux et que l'environnement a des effets négatifs sur leur santé.
      • Bien que les Chinois se classent à un rang supérieur en matière de transport et légèrement inférieur en matière d'habitation et de produits, c'est au chapitre de l'alimentation qu'ils ont la note la plus basse, malgré la hausse de 9 % du taux de consommation hebdomadaire d'aliments qu'ils ont cultivés eux-mêmes, qui est maintenant à 19 %.
      • Les consommateurs chinois sont parmi les moins enclins à manger des aliments importés et font partie des plus grands consommateurs d'aliments locaux (41 % quotidiennement) et de fruits et légumes (61 % quotidiennement).
      • Les consommateurs chinois sont parmi les plus grands consommateurs de poisson et de fruits de mer et leur consommation d'eau embouteillée est supérieure à la moyenne, deux facteurs qui ont une influence défavorable sur leur note.
      • La Chine interdit l'usage de sacs d'épicerie en plastique depuis juin 2008.
      • Les produits alimentaires biologiques sont particulièrement en demande chez les familles à revenu élevé, mais la demande est faible chez les familles à revenu moyen en raison de restrictions financières. Toutefois, compte tenu des préoccupations en matière de salubrité alimentaire et de santé, la demande devrait augmenter avec la croissance économique.

Dépenses et récession

La récession mondiale touche les consommateurs à différents niveaux. Alors que la majorité des consommateurs à l'échelle mondiale croient qu'ils traversent une période de récession (69 %), un plus faible pourcentage de consommateurs chinois sont du même avis (23 %), selon Datamonitor (juillet 2009). Ces données sont peut-être attribuables aux initiatives de stimulation économique nationales actuellement déployées par le gouvernement chinois. Néanmoins, selon la plupart des consommateurs sondés, la récession ne semble pas avoir de répercussions importantes sur le mode de vie et le revenu. Il n'en demeure pas moins que les consommateurs chinois, dans l'ensemble, affirment avoir revu leurs priorités en matière de dépenses.

Bien que les consommateurs chinois soient très soucieux du rapport qualité-prix, le prix à lui seul n'est pas le principal facteur qui détermine leurs achats. Ils se tournent de plus en plus vers Internet pour rechercher des produits, des prix et des promotions, tous des facteurs qui contribuent à déterminer si un produit offre le meilleur rapport qualité-prix. Selon Datamonitor, 67 % des consommateurs chinois accordent une importance élevée ou très élevée à la qualité globale des produits vendus. Les bas prix, de façon générale, et le grand nombre de promotions et de rabais en magasin sont aussi des facteurs jugés importants par 52 % et 50 % des consommateurs, respectivement. Près du tiers des répondants ont indiqué qu'il leur était déjà arrivé de changer de magasin afin d'économiser. Ils sont également disposés à faire plusieurs magasins pour maintenir leur niveau de consommation. Toutefois, 16 % des répondants ont affirmé qu'économiser en faisant l'épicerie est moins important qu'il y a deux ans, comparativement à 5 % à l'échelle mondiale.


CONCLUSION

La Chine est un pays complexe dont l'économie en pleine expansion. L'évolution constante de sa démographie, jumelée à un niveau élevé de croissance économique, ont créé un marché stimulant où cohabitent tradition et nouveauté. La cuisine et les préférences alimentaires traditionnelles demeurent importantes, alors que certaines tendances, comme la restauration rapide, les aliments prêts-à-servir, les produits alimentaires haut de gamme et les aliments internationaux, gagnent en popularité et en influence.

Bien que les préférences alimentaires de nombreux consommateurs chinois demeurent ancrées dans la tradition, la jeune génération continuera d'évoluer et ouvrira la voie à de nouveaux produits alimentaires novateurs qui iront au-delà des préférences culturelles traditionnelles. La nouvelle génération de consommateurs chinois est plus éduquée et mieux nantie que les précédentes et est de plus en plus ouverte à la nouveauté.

En outre, la qualité et la salubrité des aliments sont très importantes pour les consommateurs chinois, compte tenu des graves problèmes de salubrité alimentaire qui ont sévi ces dernières années.

D'un point de vue culturel, les rôles assignés à chacun des sexes évoluent également. Il y a quelques décennies à peine, la Chine était une société très traditionnelle, dominée par les hommes qui décidaient des aliments à acheter et des habitudes de consommation, sans compter tous les autres aspects de la vie familiale. Aujourd'hui, les limites des rôles traditionnels sont de plus en plus floues. Un nombre croissant de femmes sont maintenant salariées et, à ce titre, exercent une influence considérable en matière de consommation. Il ne faut donc pas sous-estimer ce groupe démographique.

Comme la part canadienne du marché d'importation chinois est de seulement 3 %, des occasions s'offrent aux producteurs agroalimentaires qui sont prêts à engager les investissements nécessaires et à répondre aux besoins diversifiés du consommateur chinois moderne. Leur succès reposera sur une solide compréhension des complexités et des contradictions de ce marché de consommateurs bien nantis qui ne cesse d'évoluer.


PRINCIPALES RESOURCES

  • A.T. Kearney, Inc., Food Safety in China: What it means for global companies, 2007.
  • AFP, « China's child obesity problem 'ballooning' », 21 mai 2008.
  • AgrifoodAsia, Industry Sectors, Food, China.
  • AP-Food Technology.com, « China opens doors to western food retail », 1er avril 2004.
  • Banque mondiale, Chine, rapport trimestriel, juin 2009.
  • Banque mondiale, Chine, rapport trimestriel, juin 2009.
  • Banque mondiale, données trimestrielles sur la Chine (« Overview »), juin 2009.
  • Barboza, David, « An Online Market Flourishes in China », New York Times,
  • Barboza, David, « Food-Safety Crackdown in China », New York Times, 28 juin 2007.
  • Bean, Ralph, Peoples Republic of China, Retail Food Sector, All China Retail Annual Report 2006, numéro de rapport GAIN : CH6804.
  • Boumphrey, Sara, « China's little emperors control the purse strings », Euromonitor International, 21 août 2007.
  • Central Intelligence Agency, The World Fact Book (juin 2009), China.
  • Chandler, Clay, « Little Emperors », Fortune, 4 octobre 2004.
  • Chaney, Joseph, « Investors in China seek out fast food », New York Times, 24 juin 2008.
  • Chao, Eveline et Ding, Isabel, « Chinese Food Heats Up », China International Business, édition imprimée de China International Business, août 2008, mise à jour : 11 août 2008.
  • China Economic Net, « China's 4 trillion yuan stimulus to boost economy, domestic demand », 10 novembre 2008.
  • China Economic Net, « High-tech exam cheat caught using radios in E China », 7 juillet 2008.
  • China Economic Net, « Kentucky Fried Chicken starts serving Chinese Shaobing », 16 juin 2009.
  • China Population Information and Research Center, « White Paper on Population in China ».
  • China Population Information and Research Center, Population Data.
  • ChinaDaily.com, « Competition gearing up in China's fast food industry », 30 juin 2008..
  • ChinaDaily/China Economic.Net. « Fat times ahead for food trade », 8 octobre 2003.
  • Chinese Medicine Division of the Department of Health, « Health preservation by food in Chinese medicine Ŕ The five cereals, fruits and vegetables », janvier 2008.
  • Cho, Karen, « Kentuck Fried Chicken China's recipe for success ».
  • Chou, Allan, « Increase Online Shopping Trends For FMCG In China », communiqué de presse PRLog, 21 avril 2009.
  • Chou, Allan, « Increase Online Shopping Trends For FMCG In China », China Polling, PRLog.Org, communiqué de presse mondial, 21 avril 2009.

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Le consommateur de la Chine urbaine – Comportements, dispositions et perceptions à l'égard des produits alimentaires
© Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2010
ISSN 1920-6607 Rapport d'analyse de marches
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