Profil du secteur du poisson et des fruits de mer  – Nouvelle-Angleterre, États-Unis

Mai 2010

Contact:
Mme Colette Lekborg
Déléguée commerciale
Boston, États-Unis d'Amérique


1. Aperçu du secteur

En 2008, le Canada était le principal fournisseur de poissons et de fruits de mer aux États-Unis en termes de valeur, et le troisième en termes de volume, derrière la Chine et la Thaïlande, avec Boston et le Maine étant les principaux ports d'entrée des importations canadiennes de poissons et de fruits de mer. Si le Canada est le principal fournisseur de homard et de crabe aux États-Unis avec des exportations d'une valeur d'environ 1 milliard de dollars canadiens en 2008, il est aussi un fournisseur important de crevette nordique, de saumon, de flétan, de plie, de sole et de pétoncles.

La Nouvelle-Angleterre est la porte d'entrée du poisson et des fruits de mer vers les États-Unis. Environ 60 % des produits canadiens importés entrent sur le marché américain par la Nouvelle-Angleterre. Le Massachusetts et le Maine sont les deux principaux ports d'entrée des importations canadiennes de poissons et de fruits de mer. En 2008, les exportations de poissons et de fruits de mer du Canada vers la Nouvelle‑Angleterre équivalaient à 1,07 milliard de dollars canadiens. Les exportations mondiales de poissons et de fruits de mer du Canada étant évaluées à 3,4 milliards de dollars canadiens, la Nouvelle-Angleterre représente 30 % de la valeur totale de celles­ci.

En plus des pêcheurs et des navires, la Nouvelle-Angleterre dispose d'une industrie côtière importante qui inclut des transformateurs primaires et secondaires et des entreprises de commercialisation, de vente et de distribution. Cette industrie fournit des milliers de restaurants, de supermarchés et de poissonneries dans l'ensemble des États-Unis en poisson frais et emploie des travailleurs qualifiés et arrivant sur le marché du travail.

Les ports de pêche de Gloucester et de New Bedford au Massachusetts, de Point Judith au Rhode Island, et de Portland au Maine se sont classés année après année parmi les 20 plus importants ports des États-Unis. Selon le National Marine Fisheries Service, le port de New Bedford se classe actuellement premier au chapitre des ports de poissons et de fruits de mer, en termes de valeur, produisant 146,4 millions de livres de poissons et de fruits de mer chaque année, estimé à 241,3 millions de dollars américains.

Il y a plus de 430 entreprises du poisson et des fruits de mer et 170 industries de transformation du poisson et des fruits de mer en Nouvelle-Angleterre dont le total des ventes annuelles combinées s'élève à 5,2 et à 2,9 milliards de dollars américains, respectivement. L'industrie du poisson et des fruits de mer (entreprises et transformateurs) emploie près de 20 000 personnes et fournit plus de 600 millions de dollars américains en salaires annuels.


2. Défis du marché et du secteur

Les défis rencontrés aux États-Unis, en général, et dans la région de la Nouvelle‑Angleterre, en particulier, sont nombreux. De plus, les entreprises canadiennes doivent relever leurs propres obstacles uniques pour accéder au marché.

Aux États-Unis, les marges de profit déclinent dans la restauration, et les profits des transformateurs et des distributeurs rétrécissent. Dans un sondage mené récemment, les marges de profit moyennes pour les distributeurs de poissons et de fruits de mer aux États-Unis étaient de 13,9 %, une baisse par rapport à 19,9 % en 2006. Les producteurs continuent à blâmer les forts coûts énergétiques comme la cause des hausses des frais de transport et des coûts de production.

La consommation par habitant de poisson aux États-Unis était de 16,0 livres en 2008, une baisse de 0,5 livre par rapport à 2006. Au cours du ralentissement économique actuel, les consommateurs privilégient des poissons et des fruits de mer moins chers. Cette tendance s'associe à une concurrence accrue des producteurs asiatiques. Dans le climat économique actuel, les acheteurs pourraient trouver très difficile le fait d'accepter des poissons et des fruits de mer au coût plus élevé, et de prendre en charge une partie de ceux-ci.

L'industrie des poissons et fruits de mer doit aussi faire face à des facteurs qui ne sont pas liés au marché et qui font grimper les coûts alors que les marges de profit sont déjà très serrées. Des contrôles de sécurité et de bioterrorisme plus étroits ajoutent aux coûts des importateurs alors que les exigences américaines de mention du pays d'origine sur l'étiquette pourraient constituer une dépense ajoutée encore plus grande.

La demande de certification (écoétiquetage) doit être reconnue, acceptée et mise en œuvre afin de constituer un facteur sur le marché. De plus, il y a une tendance croissante chez les détaillants et les restaurants à mettre en œuvre leurs propres programmes de développement durable. Par exemple, les entreprises de la Nouvelle‑Angleterre comme Ahold USA, Darden Restaurants et Gorton's Inc. ont établi des partenariats avec le New England Aquarium pour élaborer et mettre en œuvre des programmes d'achat de poissons et de fruits de mer durables.

En outre, il y a de plus en plus d'efforts de lobby pour que les pêches fassent l'objet de davantage de restrictions. On a fait valoir que les pêcheurs de la Nouvelle-Angleterre font face à de plus importants défis que ceux des autres régions du pays en raison de la reprise des stocks en Nouvelle-Angleterre et d'une plus grande diversité d'espèces.

Dans l'ensemble, la flottille de pêche de la région diminue. Cela est dû à un certain nombre de facteurs ces dernières années qui compliquent la vie des pêcheurs de la Nouvelle-Angleterre, y compris une forte réglementation du total autorisé des captures (TAC) de certaines espèces, le coût croissant du carburant et le nombre limité de jours de pêche permis. En 2010, le New England Fisheries Management Council mettra en œuvre un nouveau système de gestion des poissons de fond. Un grand nombre des membres de l'industrie de la pêche en Nouvelle-Angleterre ont formulé des préoccupations face au nouveau système de partage des prises, conçu pour faciliter la reprise des stocks de poissons et éliminer le système de « course à la pêche », qui force les plus petits pêcheurs à se retirer des affaires conduisant à davantage de consolidation dans l'industrie.

Malgré le fait que bien des stocks de pétoncles diminuent, ils sont toujours très sains et demeurent extrêmement rentables. La morue, le crabe, la plie, l'églefin, le homard, le saumon d'élevage et le thon représentent les autres espèces les plus pêchées au sein de la région. Ainsi, afin d'assurer la continuité de l'approvisionnement, l'industrie est de plus en plus à la recherche d'importations.

Les taux de change $CA/$US ont varié de façon irrégulière et ont une forte influence concurrentielle. En raison du fort dollar canadien, 2009-2010 n'offrira pas de solutions faciles pour assurer la rentabilité, mais la réduction des marges de profits à laquelle nous faisons face à l'heure actuelle se poursuivra pendant cette période. Pour améliorer le rendement du capital investi, la collectivité canadienne des poissons et fruits de mer devra se diriger plus bas dans la chaîne de distribution, vers l'utilisateur final.

Les problèmes liés à la chasse au phoque, le boycottage du poisson et des fruits de mer, les questions environnementales (tout particulièrement visant le saumon d'élevage) et les allégations de santé des groupes de consommateurs (ayant une incidence sur les ventes de saumon canadien) constituent tous des défis auxquels l'industrie canadienne du poisson et des fruits de mer doit faire face pour accéder au marché.

De surcroît, la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) du département du Commerce des États-Unis (USDC) tient des inspections périodiques des camions de homards et de poissons de fond en provenance du Canada à la recherche de homards petits, immatures ou femelles et de poissons et de fruits de mer (églefin). La NOAA continuera cette pratique jusqu'à l'observation et a aussi indiqué que si les niveaux d'observation ne s'améliorent pas, son personnel pourrait possiblement commencer à renvoyer les camions à la frontière.

Si l'on ne traite pas les points susmentionnés en première ligne en Nouvelle-Angleterre, le marché de point d'entrée le plus important en souffrira et il est bien possible que ces problèmes s'étendent en cascade à l'ensemble des États-Unis.


3. Débouchés

Au fur et à mesure que la demande globale pour un approvisionnement significatif en poisson et fruits de mer croît, la nécessité d'un investissement américain dans les pêches canadiennes augmente. Les acheteurs des États-Unis doivent assurer la continuité de leur approvisionnement pour conserver leur statut dans ce secteur.

Les exportateurs canadiens devraient a) envisager de reformuler une annexe à leurs plans d'affaires qui encourage les entreprises américaines à voir leur investissement comme une solution viable aux problèmes d'approvisionnement et b) rechercher un groupe cible d'importateurs et effectuer une analyse de leurs besoins quant à l'état du produit.

Les pêches du Canada sont une ressource bien gérée. À l'heure actuelle, la majorité des quotas sont exploités au maximum, réduisant la capacité à accroître le marché du poisson sauvage en états de produits tels qu'ils le sont aujourd'hui. Les principales occasions de croissance se trouvent dans les secteurs des produits à valeur ajoutée et de l'aquaculture. Dans un climat économique où les consommateurs mangent moins souvent au restaurant, les détaillants constatent une croissance dans les ventes de poissons et de fruits de mer préparés. Cela constitue une occasion pour les entreprises canadiennes qui peuvent offrir des façons innovatrices d'ajouter de la valeur aux poissons et fruits de mer pour la vente au détail.

Un récent sondage mené auprès des chefs cuisiniers américains par la National Restaurant Association a établi les poissons et les fruits de mer locaux et durables comme l'une des principales tendances de l'industrie pour 2010. Avec la demande locale dépassant de beaucoup l'offre en poissons et fruits de mer, les entreprises canadiennes ont une occasion de se positionner comme partenaires de poissons et de fruits de mer durables « locaux » avec une empreinte de carbone réduite. De plus, les consommateurs américains sont de plus en plus préoccupés par la salubrité et la sécurité des aliments. Les entreprises canadiennes peuvent se distinguer de leurs concurrents en mettant l'accent sur la haute qualité et la traçabilité des produits qu'ils offrent.

Il y a une préférence croissante pour le poisson frais. Les aspects logistiques idéaux, les livraisons quotidiennes et la grande proximité des usines peuvent et devraient engendrer de constantes communications en vue d'emballages spéciaux et d'engagements à long terme.

En conclusion, la collectivité des exportateurs canadiens pourrait améliorer leurs marges de profit en faisant ceci :

  1. Contourner le système américain de « distribution classique » multicouche. Dans certains cas, puisque les produits circulent entre deux ou trois courtiers, agents, ou autres, les marges de profit font l'objet d'allégations et d'ajustements qui ont une influence directe sur le résultat net. Ainsi, il est surprenant, à la suite de cette pyramide de distribution, combien d'entreprises d'exportations ne connaissent pas leur client final aux États‑Unis et sont alors privées de l'avantage de communications directes et de relations à long terme éventuelles.
  2. Diversifier les clients et les secteurs de commercialisation. L'exportateur canadien doit cibler un groupe de clients potentiel gérable dans une région particulière, déterminer quel état de produit ces entreprises achètent actuellement et essayer de faire correspondre le produit au consommateur. La philosophie de ventes de « voilà ce que j'offre » plutôt que la transformation en fonction d'exigences d'état de produit particulier dans la plupart des cas, réduit les biens des exportateurs à un niveau de produit de base et en réduit alors le rendement. Pour cerner les joueurs clés dans une région ciblée, on encourage les exportateurs régionaux à faire appel au personnel du consulat de la région.

Personnes-ressources du gouvernement canadien

Consulat général du Canada à Boston
Courriel : boston.commerce@international.gc.ca
Site Web : www.deleguescommerciaux.gc.ca

Affaires étrangères et Commerce international Canada
125, promenade Sussex
Ottawa (Ontario) K1A 0G2
Site Web : www.deleguescommerciaux.gc.ca


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